Il n’y a pas que Free dans la vie de Xavier Niel

Il n’y a pas que Free dans la vie de Xavier Niel

Si Xavier Niel s’occupe quotidiennement de Free, dont il est le fondateur, son oeil aiguisé d’investisseur guette les opportunités d’acquisitions et les synergies possibles dans divers secteurs autres que les télécoms.

Xavier Niel, c’est le fondateur de Free, mais également un investisseur dans l’âme. Le milliardaire de 53 ans possède un véritable empire dont une infographie nous donnait un bon aperçu. Officiellement, Xavier Niel délègue pour avoir le temps de s’occuper de Free. La réalité est plus nuancée. Il échange quotidiennement avec Anthony Maarek, l’homme qui gère depuis deux ans sa holding personnelle NJJ, ce qui lui permet de flairer les opportunités. Patience et vision à long terme sont également de mise. Il a par exemple fallu 10 ans pour que les efforts finissent par payer dans le cas du titre de presse Le Monde.

De nombreux titres de presse

Hors technologies (Free, Monaco Telecom, Eir, etc.) Xavier Niel a investi dans différents médias incluant notamment Rue 89 (2014, à travers le Nouvel Obs), le Monde (2010), Les Cahiers du Cinéma (2010), Nice Matin (2019), La Provence (2019) et France Antilles (2020). Il fait aussi partie des contributeurs de la société des Amis de Mediapart, a investi dans le site Electron Libre et participé au site d’actualité Atlantico à travers le fonds d’investissement Free Minds qu’il détient à 49 %. L’empire de Xavier Niel dans la presse pèse plus de 500 millions d’euros et environ 2 500 salariés.

Au-delà des acquisitions pour remettre sur pied des sociétés renommées se trouvant dans des situations délicates, il s’agit également de trouver des synergies, comme le montre le supplément hippique que le lancera France-Antilles fin octobre et dont Paris-Turf fournira les contenus. Il s’agit également d’assurer le maintien de la presse, comme le montre l’acquisition de France-Antilles pour éviter que les départements d’outre-mer ne se retrouvent sans quotidien d’information générale, et d’aider au maintien du pluralisme dans ce même secteur, en soutenant les médias indépendants de tout bord.

On y retrouve également la volonté de clarification qui s’est illustrée chez Free. Le portefeuille de Paris-Turf, jugé peu clair, devrait s’alléger de Bilto et Tiercé Magazine, pourtant historiques, pour concentrer tous les efforts sur Paris-Turf, le titre phare du groupe. En tant que geek, Xavier Niel veut également et logiquement moderniser les outils et les stratégies. Dans le cas de Nice-Matin, le but est de tripler les abonnements numériques à 25 000 dans les trois ans. Même orientation pour France-Antilles.

L’immobilier, la fausse viande et les contenus

Xavier Niel investit par ailleurs dans l’immobilier. Citons notamment l’acquisition du Golf du Lys en 2006, l’entrée au capital de l’hôtel L’Apogée en 2013 (50 %), le rachat de l’hôtel de Coulanges en 2016 ou l’acquisition de la partie basse de la Tour Montparnasse en 2019. En ce moment, le milliardaire intervient pour sauver Unibail-Rodamco-Westfield, géant de l’immobilier commercial dont il estime la direction “défaillante”. Il y a aussi eu son investissement dans la société Les Nouveaux Fermiers qui promet de réinventer la viande grâce à substitut végétal de viande, ce qui lui avait d’ailleurs attiré les foudres des agriculteurs et éleveurs.

Sans oublier, dans le domaine du contenu, que Xavier Niel détient 6,56 % dans la société de production de contenus Mediawan. Il finance également Blackpills, le service de séries au format court qui a récemment annoncé son retour en force et la signature d’accords de distribution.

Un business angel jamais avare de conseils

En tant qu’investisseur dans l’âme ayant soutenu plus de 200 startups via le business angel Kima Ventures, Xavier Niel n’est jamais avare de conseils. Il s’adressait ainsi récemment aux entrepreneurs dans le Numérique. À ses yeux, il reste encore de la place pour des GAFAM à la française. “Il faut dire à la jeunesse que c’est possible”, soulignait-il.

Source : Le Figaro