En investissant dans la “fausse viande”, le fondateur de Free se met agriculeurs et éleveurs à dos

En investissant dans la “fausse viande”, le fondateur de Free se met agriculeurs et éleveurs à dos

Mettre ses billes dans la tech, oui. Mais dans la viande, c’est non. L’un des derniers investissements de Xavier Niel, fondateur de Free, fait bondir agriculteurs et éleveurs. À leurs yeux, beaucoup de choses sonnent faux.

La FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles), qui regroupe agriculteurs et éleveurs, a dans le viseur la société Les Nouveaux Fermiers qui a annoncé l’ouverture en France d’une ligne de production d’un substitut végétal de viande, avec la promesse de “réinventer la viande”. L’utilisation du “fermier” pour de la “fausse viande” passe mal. La fédération dénonce le fait de “faire passer des usines pour des fermes en utilisant à tout va le terme fermier”. Et d’ajouter que cela “démontre bien la méconnaissance de ces industriels de la réalité des agriculteurs qui travaillent, eux, avec le vivant”.

Mais la FNSEA se dit interpelée par la présence de Xavier Niel parmi les investisseurs. Le papa de Free a en effet mis ses billes dans la société à travers son fonds d’investissement Kima Ventures. La fédération reproche à Xavier Niel d’être “l’un des initiateurs du référendum pour les animaux”, tout en investissant dans “la fausse viande, ultra-transformée, et dont le taux de profit n’a pas d’équivalent à ce jour”.

“D’un côté, il prône l’arrêt de l’élevage. De l’autre, il se positionne sur un marché nouveau qui serait bien aidé par la fin de l’élevage. Ce mélange des genres est terriblement gênant pour notre démocratie”, dénonce la FNSEA. “Comment peut-on croire à l’honnêteté de certains milliardaires du numérique, initiateurs du référendum d’initiative populaire (RIP) pour les animaux qui, se drapant publiquement de vertu pour la cause animale, cherchent en réalité à réaliser une OPA sur la viande ?”, s’interroge-t-elle. À ses yeux, le projet de Nouveaux Fermiers “fait enfin tomber les masques”. Elle laisse aux consommateurs le soin de se faire leur propre idée.