Free veut tout bouleverser avec sa « nouvelle révolution mobile » : entre fantasmes et signaux concrets, ce qui semble vraiment possible mardi

Free veut tout bouleverser avec sa « nouvelle révolution mobile » : entre fantasmes et signaux concrets, ce qui semble vraiment possible mardi

À quelques jours de sa conférence tant attendue, Free alimente toutes les spéculations, du satellite à un nouveau forfait choc. Mais derrière l’emballement, plusieurs hypothèses apparaissent bien plus crédibles que d’autres.

14 ans après avoir totalement bouleversé le marché du mobile en cassant les prix lors de son incursion, Free a cette semaine fait brusquement monter la température autour de sa prochaine annonce. En évoquant une « nouvelle révolution mobile » pour sa conférence du 31 mars, l’opérateur de Xavier Niel a relancé une mécanique bien connue, celle des spéculations tous azimuts. Sur les réseaux sociaux comme dans les médias, les scénarios se multiplient, parfois au détriment du réalisme.

La piste la plus commentée reste celle du satellite, souvent associée à Starlink et à la technologie 5G NTN. Sur le papier, l’idée a de quoi séduire : permettre une couverture mobile même en zones blanches, via une connexion directe entre smartphone et satellite. Certains opérateurs, comme T-Mobile aux États-Unis, ont déjà amorcé ce virage. En Espagne, Orange teste lui les communications entre téléphones et satellites avec Starlink. En France l’opérateur historique a déjà lancé son offre de SMS satellites et prépare désormais des tests de communication complète (voix, messages et données) avec AST SpaceMobile et Satellite Connect Europe.

Cette hypothèse apparaît aujourd’hui donc peu probable côté Free, car cela ne serait donc pas vraiment une révolution. L’opérateur lui-même a récemment tempéré ce scénario. En janvier, ses équipes expliquaient clairement que la technologie restait trop limitée pour un usage grand public. Les capacités actuelles se cantonnent essentiellement aux SMS ou aux communications d’urgence, avec des débits très faibles et une compatibilité encore restreinte. « Ça nous semble un peu limité pour du grand public », résumait ainsi un responsable réseau du groupe.

Autrement dit, difficile d’imaginer Free présenter comme une « révolution » un service qui se résume pour l’heure à une solution en cas d’urgence dans les zones non-couvertes, loin des standards d’un usage mobile classique. Si le sujet est bien surveillé en interne, l’opérateur privilégie une approche pragmatique : attendre une maturité technologique suffisante avant de se lancer.

Un “produit révolutionnaire” déjà évoqué par Xavier Niel

À l’inverse, d’autres pistes apparaissent nettement plus crédibles. La première concerne le hardware. Dès octobre dernier, Xavier Niel évoquait lui-même, préparer un « produit révolutionnaire » destiné aux abonnés mobile. Un indice rare, et surtout cohérent avec la promesse actuelle. Free pourrait ainsi dévoiler un équipement inédit, pensé pour enrichir l’usage mobile, sans nécessairement entrer sur le terrain du smartphone.

Ce scénario est d’autant plus plausible que Free a historiquement l’habitude de présenter ses grandes innovations sous forme de produits, notamment ses Freebox, lors de conférences dédiées. L’opérateur privilégie généralement des annonces incarnées par du matériel plutôt que de simples évolutions de services. Mais le contexte est inédit : il s’agit ici de la première véritable keynote centrée sur le mobile depuis le lancement de Free Mobile en 2012. Un élément qui laisse, en réalité, le champ des possibles largement ouvert.

De la data illimitée pour tous ?

Autre hypothèse, qui pourrait être une révolution, mettre fin à la data limitée sur ses forfaits mobile en France métropolitaine, c’est à dire de la data illimitée. En 2017, Free Mobile a été le premier à lancer un forfait 4G illimité (15,99€/mois pour les abonnés Freebox, et même plus tard 9,99€/mois pour les abonnés Freebox Pop). Dans une interview, Xavier Niel avait imaginé que dans le futur tous forfaits pourraient tous être illimités, les utilisateurs n’auraient donc plus à se soucier de la data consommée chaque mois. Est-ce le moment de bouleverser le marché en devant le 1er opérateur à mettre fin à la bataille commerciale sur la data laquelle commence à tourner en rond dans l’hexagone, seule l’opérateur le sait pour le moment. A moins qu’il souhaite prolonger plusieurs années encore le gel des prix sur ses deux offres historiques tout en lançant un forfait plus premium comme le pensent certains. “A mon avis, un nouveau forfait mobile type Freebox Ultra pour monter en gamme : le forfait Free Ultra à 29.99€ avec un roaming hyper élargi (centaines de destinations en illimité) et du contenu (Le Chat Pro, Netflix, Amazon, Cafeyn inclus”, projette un internaute sur X. Dans un marché arrivé à maturité, l’opérateur ne le cache plus et mise désormais davantage sur la valeur que sur la guerre des prix, ce qui peut rendre ce scénario particulièrement cohérent.

Des évolutions côté réseau et services restent également envisageables. Accélération de la 5G+, nouveaux usages, intégration de services (voire d’intelligence artificielle en lien avec les investissements d’Iliad), ou encore outils de protection contre les arnaques : autant d’annonces possibles, mais qui relèveraient davantage d’une montée en gamme que d’une rupture brutale. Reste une certitude, en qualifiant lui-même son annonce de « révolution », Free prend le risque d’alimenter des attentes très élevées. Dans un secteur désormais stabilisé, la rupture pourrait bien être moins spectaculaire qu’en 2012, mais davantage stratégique. Une évolution plus que jamais alignée avec le virage actuel de l’opérateur, qui cherche à prouver qu’il peut innover sans forcément casser les prix.

Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox