Orange, Bouygues Telecom et SFR envisagent une hausse des prix des forfaits fixes et mobiles

Orange, Bouygues Telecom et SFR envisagent une hausse des prix des forfaits fixes et mobiles

Le président de la Fédération Française des Télécoms (FFT) estime qu’il est nécessaire d’appliquer un “juste prix” pour les services télécoms.

A l’heure où les prix des forfaits fixes et mobiles français sont parmis les plus bas d’Europe, les opérateurs sont tentés de rehausser la barre. Le prix d’une offre triple play en France est en moyenne, chez Orange, Free, Bouygues et SFR, de 22€/mois, contre 35€/mois au Royaume Uni ou encore 45€/mois en Allemagne et côté mobile, la France ne cède la place qu’à l’Italie en Europe avec des forfaits s’élevant en moyenne à 13€/mois selon une étude dévoilée par la Fédération Française des Télécoms.

Dans ce contexte, Arthur Dreyfuss, président de cette dernière et secrétaire général de SFR, estime nécessaire “que les Français paient le juste prix pour un service exceptionnel qui leur est offert“. “Est-ce normal qu’un abonnement télécoms mensuel coûte le même prix qu’une pizza, alors que, dans le même temps, les prix augmentent sur toute la chaîne de valeur ?” questionne-t-il.

Si augmentation des tarifs il devait y avoir, aucun opérateur ne pourrait cependant l’appliquer de manière unilatérale pour être suivi par les autres. La concurrence sur le marché est telle que la hausse des prix devrait être lente et progressive, sous peine de voir des abonnés partir vers de plus verts pâturages à la première augmentation jugée trop élevée.

Une faible croissance face à une fiscalité jugée trop élevée

Le problème réside notamment dans le fait que le marché des télécoms “est devenu un marché sans croissance en France” explique un analyste financier cité dans les pages du Monde. Le panier moyen des abonnés n’augmente pas et les prix non plus, difficile alors de réaliser des bénéfices importants pour Orange, Free et compagnie. Pour rappel, le chiffre d’affaire du secteur n’a progressé que de 5% sur les dix dernières années.

Un indicateur montre notamment cette faible croissance : l’ARPU ou le revenu moyen par abonné. A titre d’exemple, chez Free, le revenu moyen dégagé par les abonnés Freebox est passé de 31.8€ à 33€ entre le second trimestre 2020 et troisième trimestre 2021, la faible hausse est encore plus notable sur le mobile : un abonné Free Mobile rapportait en moyenne 10.9€ en juin 2020 contre 11.4€ en septembre 2021. Une tendance confirmée d’ailleurs par la FFT qui déplorait hier que le revenu des opérateurs télécoms européens “a progressé lentement depuis 2011 tandis que celui des acteurs asiatiques et américains est à + 50 %”.

A l’heure où les opérateurs ont investi près de 11.5 milliards d’euros dans leurs réseaux, ces derniers cherchent ainsi à soulager leurs dépenses pour pallier ce manque de croissance. Orange, par exemple, milite au niveau européen pour une participation financière des géants du net dans le déploiement de leurs réseaux aux côtés d’autres opérateurs du vieux continent.

D’autres approches sont également explorées par les opérateurs, notamment en cherchant à réduire l’importance des taxes et des contraintes réglementaires pesant sur eux. La Fédération Française des Télécoms a d’ailleurs appelé hier les pouvoirs publics à soutenir le marché des télécoms avec plusieurs mesures. La réforme de certaines taxes comme celle sur les pylônes (IFER Mobile), représentant 240 millions d’euros prélevés en 2020 est déjà en discussion, mais les opérateurs veulent également voir un allégement des contraintes pour le déploiement de nouvelles infrastructures et la création d’un environnement propice au développement d’un numérique plus vert.