Couverture mobile : le gouvernement et les opérateurs peinent à s’accorder

Couverture mobile : le gouvernement et les opérateurs peinent à s’accorder

Les négociations en vue d’accélérer sur la couverture mobile devaient aboutir à la présentation d’un accord entre le gouvernement et les opérateurs lors de la conférence nationale des territoires le 14 décembre dernier. Mais si le premier ministre a présenté certaines mesures de simplification des déploiements et de soutien aux foyers les plus isolés, il a également annoncé qu’aucun accord n’avait été trouvé et qu’il caressait l’espoir que la situation se dénoue “d’ici Noel”.

Le deal proposé serait de demander plusieurs milliards d’euros d’investissements, notamment la construction de 15000 sites supplémentaires pour mettre fin aux zones blanches en échange d’un renoncement à une mise aux enchères de fréquences dont la prochaine échéance est prévue en 2021

Mais si Julien Denormandie estime qu’il est normal que dans la phase finale d’une négociation les discussions se tendent, il affirme à La Tribune que gouvernement et opérateurs sont d’accord sur le fait qu’une “redéfinition du niveau de service” qui est le point essentiel, est nécessaire.

Selon le ministre deux pierres d’achoppement font tout de même encore obstacle à la conclusion d’un accord sur l’accélération de la couverture mobile “le nombre d’antennes supplémentaires à déployer”, et le “niveau de mutualisation qui doit être imposé aux opérateurs” pour qu’enfin les français n’aient plus de problème de réseau peu importe l’endroit où ils se trouvent sur le territoire.

Pour l’instant, chaque opérateur défend son petit bout de gras, Free souhaiterait une plus grande mutualisation, la Fédération Française des Télécoms au contraire estime que “qu’aller trop loin dans la mutualisation pourrait dissuader les opérateurs de se différencier entre eux”.

Si le gouvernement veut accélérer sur la couverture mobile avec plus de transparence, Edouard Philippe, lors de la conférence des territoires, a précisé que la 4G sera en tout cas généralisée dans les 10 000 communes qui n’en ont pas, représentant près d’un million de Français sur 15 % du territoire.

En revanche il a prévenu qu’en l’absence de consensus avec les opérateurs, il se réserve la possibilité de passer en force en augmentant les obligations de couverture sans renoncer à la manne des licences, comme il le propose actuellement. Les discussions continuent donc en coulisse. Gageons que l’esprit de Noël permettra d’arriver à un accord gagnant-gagnant entre le gouvernement et les opérateurs au profit de la population.

 
source : La Tribune