5G : SFR, comme Bouygues Telecom, demandera une compensation en cas d’interdiction de Huawei et n’exclut pas d’attaquer l’Etat

5G : SFR, comme Bouygues Telecom, demandera une compensation en cas d’interdiction de Huawei et n’exclut pas d’attaquer l’Etat

La 5G devrait arriver en fin d’année 2020, mais il reste encore des inconnues concernant le déploiement, notamment sur les équipements utilisés par les opérateurs.

Les enchères pour la 5G se tiendront en septembre prochain, c’est officiel, mais SFR redoute qu’on lui interdise d’utiliser les équipements Huawei dans le cadre du déploiement de la nouvelle génération de téléphonie mobile. S’il en est privé, il demandera à l’Etat de prendre ses responsabilités, comme Bouygues l’a annoncé récemment.

Car il faut dire que le flou persiste toujours sur ce plan, l’Anssi n’ayant toujours pas tranché. Pourtant mi-mars, un ouf de soulagement se profilait pour SFR dont un peu moins de la moitié du réseau est équipé par Huawei, et l’autre par Ericsson.

Selon Reuters, la France s’apprêtait à autoriser les opérateurs à utiliser les équipements du géant chinois pour le déploiement de la 5G. L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information devait toutefois limiter l’utilisation du matériel de Huawei, en l’autorisant seulement sur les parties non sensibles du réseau, comme les antennes, considérées comme posant moins de risques en termes de sécurité, et donc en dehors des coeurs de réseau. Un peu comme au Royaume-Uni, mais de l’autre côté de la manche, le gouvernement songe à faire machine arrière.

Et face à cette incertitude et au calendrier qui se profile, visant une commercialisation de la nouvelle génération de téléphonie mobile fin 2020, les deux opérateurs utilisant ces équipements estiment que le Gouvernement devra assumer d’avoir “changé les règles du jeu“. 

Huawei “est le premier équipementier mondial, c’est la meilleure qualité, ce n’est pas du tout le moins cher, donc c’est un équipementier très sérieux” Gregory Rabuel lors d’une interview pour BFM Business. Les règles étaient claires pour SFR : ils pouvaient utiliser Huawei pour la 4G, ce qu’ils ont fait, mais face aux accusations d’espionnage notamment de la part des USA, l’utilisation des équipements du fabricant pour la 5G a été remise en cause par le Gouvernement. “En cours de jeu, si quelqu’un veut changer les règles du jeu, il doit assumer le fait de changer les règles du jeu et nous accompagner dans les conséquences de ce changement “ a ainsi déclaré le directeur général de l’opérateur au carré rouge.

Lorsqu’il est questionné sur le fait d’être prêt à aller au contentieux s’il le faut, SFR indique qu’il “prendra les dispositions qui s’imposent“, tout en précisant qu’il veut avant tout respecter la loi et que “si on avait une position claire du gouvernement, évidemment on la respectera“. Bouygues Telecom avait lui aussi menacé d’attaquer l’Etat si Huawei était interdit. A l’approche des enchères de la 5G, Orange et Free sont mieux logés après avoir sécurisé leurs arrières en établissant d’autres partenariats avec Nokia ou Ericsson.

SFR et Bouygues étaient les seuls opérateurs à militer pour un report des enchères 5G, quand Free et Orange quant à eux se déclaraient prêts pour l’attribution des fréquences peu importe la date. La 5G fait résolument débat, tant dans l’opinion publique que pour les opérateurs, SFR avait d’ailleurs demandé à ce que soie clarifiée la différence entre vraie et fausse 5G dans cette même interview.