5G : Bouygues Telecom demandera une indemnisation si l’Etat interdit Huawei

5G : Bouygues Telecom demandera une indemnisation si l’Etat interdit Huawei

A l’heure où les incertitudes planent toujours sur le cas Huawei, Bouygues Telecom annonce qu’il demandera à être indemniser si l’Etat refuse l’utilisation des équipements de Huawei sur la 5G.

Après être montés au créneau en février dernier en menaçant à demi-mot d’attaquer l’Etat en cas d’interdiction de Huawei sur la 5G, Bouygues Telecom affiché clairement ce matin lors d’une audition au Sénat sa volonté de réclamer une indemnisation en cas de bannissement de l’équipementier chinois. “il est naturel qu’une entreprise dont l’économie se trouverait assez fortement bouleversée par cette décision de l’État se retourne vers lui en disant : ’comment je fais ? “, a fait savoir Didier Casas.

Car il faut dire que le flou persiste toujours sur ce plan, l’Anssi n’ayant toujours pas tranché. Pourtant mi-mars, un ouf de soulagement se profilait pour Bouygues Telecom et SFR dont un peu moins de la moitié du réseau est équipé par Huawei, et l’autre par Ericsson.

Selon Reuters, la France s’apprêtait à autoriser les opérateurs à utiliser les équipements du géant chinois pour le déploiement de la 5G. L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information devait toutefois limiter l’utilisation du matériel de Huawei, en l’autorisant seulement sur les parties non sensibles du réseau, comme les antennes, considérées comme posant moins de risques en termes de sécurité, et donc en dehors des coeurs de réseau. Un peu comme au Royaume-Uni, mais de l’autre côté de la manche, le gouvernement songe à faire machine arrière.

“Tout aurait été parfait s’il était possible d’installer un équipement 5G Ericsson ou Nokia à côté d’un équipement 4G de Huawei, mais cela est impossible car la normalisation qui a été décidée fait que vous devez disposer du même fournisseur sur l’équipement 4G et 5G”, a expliqué pour sa part Olivier Roussat, président de l’opérateur.

En cas de refus, Bouygues Telecom sera en effet dans l’obligation de “démonter des équipements 2G, 3G, 4G pour les passer sur un autre constructeur”, les sommes à dépenser seront alors colossales. Son réseau serait par conséquent impacté pendant de nombreux mois et les abonnés pourraient filer à la concurrence. 

“Que l’État change d’opinion, je n’y vois aucun inconvénient (…). Il doit juste en assumer les conséquences”, a prévenu l’opérateur. Le son de cloche reste en réalité le même depuis janvier dernier. “Ce n’est pas aux opérateurs, aux Français, aux entreprises, aux territoires, de payer ce changement de doctrine“, avait alors déclaré la Fédération française des télécoms en s’appuyant sur la décision des Etats-Unis de lancer fonds d’indemnisation pour aider les telcos à migrer leurs équipements. A l’approche des enchères de la 5G, Orange et Free sont mieux logés après avoir sécurisé leurs arrières en établissant d’autres partenariats avec Nokia ou Ericsson.

 

Source : La Tribune