Fibre optique : plus de 2,5 millions de locaux à raccorder en plus selon les nouvelles données de l’Arcep, c’est la “douche froide”

Fibre optique : plus de 2,5 millions de locaux à raccorder en plus selon les nouvelles données de l’Arcep, c’est la “douche froide”

Les nouvelles données fournies par les opérateurs à l’Arcep changent la donne concernant la complétude du réseau FttH en France. D’après l’AVICCA, il y a un nombre assez importants de locaux à raccorder supplémentaires, notamment en zone moyenne dense.

Le nombre exact de locaux à raccorder à la fibre optique en France a toujours été assez flou, notamment du fait que l’Arcep se basait sur les données de l’Insee. Cependant, le gendarme des télécoms intègre depuis peu de nouvelles données dans ses calculs qui permettent une meilleure image de la situation. L’association des collectivités engagées dans le numérique AVICCA s’est donc penchée sur ces nouvelles données et c’est, d’après elle, une “douche froide” concernant le taux de complétude de la fibre optique en France dans les diverses zones.

De nouvelles données qui remettent en perspective les objectifs de déploiement des opérateurs

En intégrant les fichiers IPE fournies par les opérateurs à l’Arcep, les données du régulateur concernant la situation du réseau fibre optique en France s’est éclaircie. Pour résumer, auparavant pour estimer le nombre de locaux à raccorder à la fibre, le gendarme des télécoms se basait sur les données de l’INSEE. Auparavant les données de références utilisées était celles d’abord de 2011, puis de 2016 pour les logements et 2017 pour les entreprises. Cette utilisation des données rendait difficile d’estimer le nombre de foyers accordables. Les fichiers IPE sont ainsi un moyen d’étoffer l’open data de l’Arcep et de se rendre compte plus précisément du niveau de complétude du réseau FttH en France. 

L’AVICCA indique que 9000 communes sont pour l’instant répertoriées par ces fichiers (soit un quart des communes au total), et déjà le constat tombe : le nombre de locaux à raccorder est largement supérieur aux estimations jusqu’à présent. En effet, la fédération annonce “1.82 millions de locaux non comptabilisés” dans l’ancien référentiel pour les zones AMII déployées par Orange et SFR. Ce qui change forcément la donne. Le nombre de communes avec plus de 95% des prises FttH raccordables ne représente plus que 4% de la zone AMII, contre les 12% indiqués dans l’ancien référentiel. A titre d’exemple, la commune de Massy-Palaiseau, avec un taux de complétude de 123% théoriques, passe à 66% avec ces nouveaux chiffres.

Au vu de ces nouveaux chiffres, l’AVICCA “soutient sans ambiguïté un gel de trois mois environ des obligations des opérateurs, du fait du ralentissement voire de l’arrêt des déploiements FttH depuis mi-mars 2020 ” face à des objectifs pris par les opérateurs jugés “irréalistes“. Cependant , l’association explique que “le Covid-19 ne pourrait être tenu pour seul responsable de l’ensemble des retards que l’Avicca et l’Arcep mesurent depuis des années”. 

Dans les RIP, on compte désormais presque 482 000 locaux supplémentaires à raccorder. Le changement de base impacte fortement le niveau de complétude des communes présentes dans ces zones, mais moins que dans les zones privées.

En Zone très dense, on compte “un peu plus de trois cent mille locaux supplémentaires“, d’après l’AVICCA. Cependant, la complétude est moins affectée, le nombre de commune entièrement (ou presque) raccordables à la fibre optique recule de 28%. La progression reste correcte à quelques exceptions près. Par exemple, Venissieux qui faisait partie des grandes villes les moins bien raccordées à la fibre optique, l’impact est dur : le taux de complétude passe de 60% à 40% avec ce nouveau référentiel.

En somme, avec ces nouvelles données fournies par l’Arcep, on note une baisse globale du taux de complétude en France, plus ou moins importante selon les zones. Au total, ces données révèlent plus de 2.5 millions de locaux à raccorder en plus en fibre optique.