La fibre optique, ce microphone géant pour les scientifiques

La fibre optique, ce microphone géant pour les scientifiques

La fibre optique peut transmettre nos données à grande vitesse. Mais elle peut également devenir un capteur géant. 

Avec la fibre optique, dont la France pousse le développement en vue d’atteindre une couverture de 100 % du territoire à l’horizon 2025, c’est la promesse de l’Internet avec une faible latence et de très forts débits. Les scientifiques lui voient un autre usage, celui de capteur géant. Il s’agit en effet d’utiliser la sensibilité de la fibre optique pour détecter des vibrations. Cette possibilité repose sur le fait que le signal lumineux est modifié lorsque le câble est bougé et déformé.

Pour les scientifiques, c’est la possibilité de détecter les activités sismo-volcaniques, mais également les avalanches, les glissements de terrain ou les impacts de la foudre. Ils entrevoient également la possibilité de mesurer les vibrations générées par les piétons ou le trafic routier, de localiser les concerts en ville, de surveiller les conduites souterraines et infrastructures et de surveiller le trafic maritime. Bref, de quoi garder un oeil sur les phénomènes naturels, mais également de mesurer l’activité humaine, notamment dans les métropoles. À titre d’exemple, avec des sismomètres, la ville californienne de Pasadena avait trois capteurs. Avec la fibre optique, on passe à 5 000 capteurs, soit un tous les 8 mètres.

Sur le papier, c’est intéressant. Il reste toutefois quelques obstacles en termes de coût et de puissance de calcul. Nommée DAS (pour Distributed Acoustic Sensing), la technologie permettant tout cela requiert en effet des dispositifs à 250 000 euros au bout de chaque fibre, une fibre qui doit d’ailleurs mesurer 50 kilomètres et être vacante, à savoir non utilisée pour les télécommunications. Il y a également la quantité phénoménale de données collectées chaque jour. L’intelligence artificielle devra être de la partie pour en extraire les données intéressantes pour les scientifiques.

Source : Les Echos