Pornographie : le CSA somme 5 sites majeurs de bloquer très rapidement l’accès aux mineurs

Pornographie : le CSA somme 5 sites majeurs de bloquer très rapidement l’accès aux mineurs

Bloquer ou être bloqués. Le CSA use de son nouveau pouvoir de sanction et demande à Pornhub, Tukif, Xhamster, Xvideos, Xnxx de prendre des mesures visant à bloquer l’accès à leurs contenus pour les mineurs. Ils ont 15 jours pour se mettre en conformité, avant la mise en place d’un blocage par les opérateurs.

Après le décret, sa mise en application. Le 7 octobre dernier, le gouvernement a publié un décret “relatif aux modalités de mise œuvre des mesures visant à protéger les mineurs contre l’accès à des sites diffusant un contenu pornographique”, grâce auquel le CSA peut désormais agiter son bâton de régulateur à l’encontre de sites pornographiques ne mettant pas tout en œuvre à leur niveau. Cela peut aller jusqu’au blocage par les fournisseurs d’accès à Internet, afin de les rendre inaccessibles depuis l’Hexagone.

15 jours pour se mettre en conformité

Fort de ce nouveau pouvoir de sanction, le Conseil supérieur de l’audiovisuel a demandé ce lundi 13 décembre à cinq sites pornographiques de prendre les mesures nécessaires pour empêcher les mineurs d’accès à leurs contenus sous peine d’un blocage par voie judiciaire. “Un mineur, et en particulier un enfant qui se retrouve devant des contenus inadaptés, tels que les contenus pornographiques, peut-être durablement, et a minima, choqué”, justifie l’autorité administrative.

Les sites concernés, que sont Pornhub, Tukif, Xhamster, Xvideos, Xnxx, ont ainsi 15 jours pour se mettre en conformité, et cela devra aller au-delà du simple bandeau demandant une confirmation de l’âge de l’internaute. “Avec ces décisions, nous en appelons à la responsabilité des opérateurs qui se doivent de mettre en place les dispositifs nécessaires pour empêcher l’accès des mineurs à leurs contenus”, explique le CSA.

Sur les cinq sites mis en demeure par le CSA, quatre d’entre eux (Pornhub, Xhamster, Xvideos, Xnxx) font partie des 50 sites les plus consultés en France, selon SimilarWeb.

Trois associations

Cette décision fait suite à la sonnette d’alarme tirée fin novembre 2020 par les associations le Conseil français des associations pour les droits de l’enfant (Cofrade), l’Observatoire de la parentalité et de l’éducation numérique (Open) et l’Union nationale des associations familiales (Unaf). Elles dénonçaient huit sites pour le recours à un simple message d’avertissement pour restreindre l’accès à leurs contenus.

“Nous sommes très contents de cette initiative du CSA et confiants que cela puisse aboutir”, a déclaré Justine Atlan, directrice de e-Enfance, soulignant l’importance “de mettre sous pression les sites pornographiques pour qu’ils ne puissent pas continuer à ne pas respecter le cadre légal de l’industrie qu’ils ont choisie, qui stipule de ne pas exposer les mineurs à la pornographie”. Dans sa bataille, l’association avait tenté, avec une autre association, une action en justice pour réclamer le blocage de sites porno par les FAI, mais avait vu sa requête rejetée en octobre dernier.

“La pornographie actuelle sur Internet a des contenus plus violents, du revenge porn, du sexe sans consentement. Cela a des conséquences sur les pratiques sexuelles que les jeunes reproduisent : brutalité, problème de consentement, pression de performance…”, pointe du doigt Justine Atlan.

Source : AFP