Retour à trois opérateurs : Free ne sera pas le “déclencheur”, même si des rivaux ont tenté de l’attirer à la table des négociations

Retour à trois opérateurs : Free ne sera pas le “déclencheur”, même si des rivaux ont tenté de l’attirer à la table des négociations

En marge de la journée de présentation de la Freebox Delta et One, le directeur général d’Iliad, Thomas Reynaud s’est confié sur un sujet brûlant dans le secteur des télécoms, la consolidation. Free n’en sera pas le "déclencheur".

A l’heure où Orange évoque une fenêtre de tir au premier semestre 2019 et pourrait jouer un rôle de facilitateur, SFR estime que la consolidation des télécoms en France se fera "assez rapidement" et Bouygues se dit de son côté ouvert à une éventuelle opportunité. Mais qu’en est-il de Free ? D’après Thomas Reynaud, invité sur l’antenne d’Europe 1 mardi soir, l’opérateur de Xavier Niel se met aujourd’hui "dans un état d’esprit où le marché peut rester à quatre opérateurs", Free souhaite avant tout sécuriser sa capacité d’investissement, "pour apporter encore plus de 4G, et encore plus de fibre optique" à ses abonnés.

Si les opérateurs ne paraissent pas pressés, la consolidation semble quant à elle inévitable afin d’apaiser la guerre des prix et faire remonter les chiffres d’affaires des acteurs à en croire l’opérateur historique. Reste à savoir qui est vendeur ? Aujourd’hui personne ne l’est officiellement. Si cela devait être le cas, ce sera celui qui en aura le plus besoin. Aux yeux du directeur général d’Iliad, "il est très difficile de répondre à cette question. ll y a eu au cours des cinq dernières années, je crois, sept tentatives de consolidation, nos concurrents ont essayé de se racheter les uns, les autres." La conviction de Thomas Reynaud est en tout cas fondée : "Ce que je peux vous dire, c’est que Free ne sera pas le déclencheur de cette consolidation, on a vocation à rester indépendant, on a aujourd’hui un peu plus de 10.000 collaborateurs, on a des très beaux produits, on a encore de très nombreuses surprises, et cette Freebox Delta". En d’autres termes, l’opérateur de Xavier Niel n’est à l’heure actuelle "vraiment pas du tout focalisé sur cette question de la consolidation", insiste l’intéressé. 

 

Certains concurrents "voulaient tout simplement nous amener à la table des négociations sur la consolidation"

Enfin, à la question de savoir si le lancement de la Freebox Delta signifie la fin des offres à prix dérisoires notamment sur Vente Privée, Thomas Reynaud révèle que sur ce marché hyper concurrentiel, "on a eu des offres parfois qui n’avaient aucune rationalité économique de la part de certains concurrents, qui voulaient tout simplement nous amener à la table des négociations sur la consolidation." Autrement dit, une intensification de la guerre des prix mise en place pour affaiblir l’opérateur de Xavier Niel et le prendre à son propre jeu. Quoiqu’il en soit, la réalité est la suivante pour Free, "faire certaines promotions, mais tout en ayant un équilibre économique qui tienne la route."