« Menteur, dégage », Numéricable-SFR sifflé et hué à Versailles

« Menteur, dégage », Numéricable-SFR sifflé et hué à Versailles

SFR aurait dû déployer un réseau en fibre optique à l’abonné (FTTH) à Versailles. mais depuis le rachat de l’opérateur au carré rouge par Numéricable, « seuls 65 foyers sont actuellement connectés à cette fibre nouvelle génération ».

Face à ce retard et à la mobilisation de plusieurs associations, la Maire de Versailles a organisé une rencontre entre les Versaillais, un représentant du groupe Orange et Jérôme Yomtov, le secrétaire général du groupe Numéricable-SFR. Ce dernier a vacillé sous le mécontentement des Versaillais présents. Un peu comme admis au château pour rendre compte à la place de Patrick Drahi.

La colère a éclaté alors que le secrétaire général radotait que son groupe est le « numéro un pour la fibre en qualité et en performance (…) Sifflets, huées, noms d’oiseaux comme, "menteur", "dégage"… Le secrétaire général du groupe Numéricable-SFR, Jérôme Yomtov, n’a pas vraiment passé une bonne soirée mercredi 24 juin. (…) Le secrétaire général du groupe Numéricable-SFR, s’est fait un devoir de présenter son groupe, ses réussites, ses résultats… Un bla-bla qui a vite lassé la centaine de personnes présentes qui souhaitaient surtout des réponses concernant Versailles », rapporte LesNouvelles.fr.

Pour se défendre, Jérôme Yomtov a précisé que son groupe avait déjà équipé près de 40 000 foyers versaillais en horizontal, oubliant que ces fausses-trappes n’avaient pas grand intérêt et qu’il avait en face de lui, plusieurs associations averties. Celles-ci souhaitent de la vraie fibre jusqu’à la maison (FTTH), et non de la fibre jusqu’au dernier répartiteur, puis du câble coaxial…

Les Versaillais ne sont pas les seuls à dénoncer la « fausse fibre » du câblo-opérateur. Depuis plusieurs mois déjà, Free et Orange dénoncent l’utilisation du mot « fibre » par Numéricable. Contrairement à ses concurrents, Numéricable n’amène pas la fibre jusque dans le logement de ses abonnés mais uniquement jusqu’au dernier répartiteur. Ensuite, c’est le réseau câble coaxial existant qui est utilisé. Orange et Free considèrent qu’il ne s’agit que de « câble amélioré » alors qu’eux construisent leur réseau fibre jusqu’à l’abonné (FTTH).

Orange et Free ont exposé leurs points de vue au gouvernement qui a modifié un arrêté de décembre 2013, afin d’encadrer l’utilisation du mot « fibre » dans les publicités. Le document que Les Echos s’est procuré stipule que «  tout message publicitaire ou document commercial d’un fournisseur de services […] doit, s’il associe le terme “ fibre ” aux services du fournisseur alors que le raccordement du client final n’est pas réalisé en fibre optique, comporter une mention précisant le support physique du raccordement final commençant les mots  : “raccordement final en ”  ». 

Un astérisque devrait donc renvoyer à cette mention à chaque fois que le terme « fibre » est utilisé dans ce genre de publicité. Pour certains des concurrents de Numéricable, cela ne va pas encore assez loin, et souhaitent que le câblo-opérateur n’utilise plus le mot « fibre ». Ils ont jusqu’à l’automne, soit la fin de la consultation de l’arrêté, pour tenter de se faire entendre.

Des embrouilles dans le 92

Ce n’est pas la première fois que le groupe de Patrick Drahi est ainsi conspué. Le département des Hauts-de-Seine avait confié à la société Sequalum, une filiale du groupe SFR-Numéricable, par voie d’une délégation de service public, la construction et l’exploitation d’un réseau en fibre optique à l’abonné (FFTH) destiné à couvrir 100 % du territoire départemental d’ici la fin 2015.

Mais, une nouvelle fois, face aux nombreux retards, le Conseil Général des Hauts-de-Seine avait tapé du poing sur la table. Le Conseil a par ailleurs résilié la délégation de service public THD Seine (dénoncée pour fautes et aux torts exclusifs du Délégataire Sequalum le 17 octobre 2014. Celle-ci est effective depuis le 1er juillet dernier).

Autre litige différent mais très récent… avec la Mairie de Paris.

La Mairie de Paris a très récemment mis la pression à Numéricable pour qu’il paye ses dettes, en faisant peser une possible coupure pour les abonnés. Ces impayés avaient atteint le montant de 8,37 millions d’euros.

La direction générale de Numéricable a immédiatement demandé à être reçue afin de régler cette question. Lors de cet entretien, Numéricable a annoncé sa décision de solder l’intégralité de ses impayés et à retirer ses recours devant la justice administrative. Le câblo-opérateur s’est également engagé à signer une nouvelle convention d’occupation du domaine public avec la Ville de Paris, qui permettra la prise en compte de la situation particulière de l’opérateur en termes d’espaces occupés, tout en respectant la tarification en vigueur…

Numéricable aurait du mal à payer ? Presque étonnant ! Quoi qu’il en soit, il n’en est pas à son premier coups d’essai. Depuis 2008, le câblo-opérateur aurait été condamné 12 fois pour impayés. Le tout par le seul et même Tribunal de Commerce de Paris.

Orange assumera « le fibrage là où les autres opérateurs seraient défaillants » 

SFR au donjon, Orange à l’Orangerie. Chacun sa place dans le monde des opérateurs ! Applaudit après avoir expliqué qu’il avait rempli ses engagements dans plusieurs villes des Yvelines, Orange pourrait bien récupérer la partie déploiement. Patrick Drahi refilerait en quelque sorte la patate chaude à Stéphane Richard, le PDG du groupe Orange.

« Suite au rachat de SFR par Numéricable, une discussion a débuté entre Numéricable et Orange sous le contrôle de l’Arcep. Nous attendons une réaction de l’Arcep sur nos propositions. Notre directrice générale a toujours dit que nous assumerions le fibrage là où les autres opérateurs seraient défaillants », expliquait Rémi Dupuy, délégué régional d’Orange.

Malheureusement, toutes ces affaires qui deviendraient presque une banalité pour le groupe Numéricable-SFR pourraient, à terme, avoir de graves conséquences pour ses abonnés…