Bouygues-Free : les analystes s’enflamment pour un ” mariage à la fois impossible et inévitable”

Bouygues-Free : les analystes s’enflamment pour un ” mariage à la fois impossible et inévitable”

 Depuis que SFR est tombé dans le giron de Numericable, les rumeurs de rapprochement entre le "châtelain" Bouygues et les "romanichels" Free défrayent la chronique et attirent l’attention de tous les analystes.

Qui aurait pu penser en janvier 2012 au lancement de Free Mobile, que Bouygues et Free pourraient un jour envisager de se rapprocher ? Mais pour les représentants syndicaux de Bouygues, "l’accord conclu avec Free (dans le cadre du rachat de SFR) a permis de briser les tabous dans la tête des salariés."
 
Pour le cabinet Oddo, la magie dans le dossier Bouygues-Free est qu’il s’agit "d’un mariage à la fois impossible et inévitable."
 
Pour les analystes de la Société Générale, Bouygues est au pied du mur : "Martin Bouygues n’a guère d’autre choix que de négocier une cession ou une fusion de Bouygues Télécom avec Iliad."
 
Selon Xavier Robert, Trader chez Oddo Securities "Bouygues Télécom est désormais trop petit et va devoir se rapprocher de quelqu’un" et seul Free est un candidat potentiel. Selon les analystes du secteur, "Bouygues se trouve dans une impasse stratégique."
 
Si Bouygues à sollicité Téléfonica, pour le Trader ce scénario est à exclure : "Telefonica n’est pas du tout présent en France et on peut se demander pourquoi il irait acheter le 4e opérateur qui n’a pas la taille critique." En revanche, la piste Iliad, "on en parle depuis longtemps et on y croit."
 
Reste à mettre d’accord les deux dirigeants, ce qui pose un certain nombre difficultés dans les négociations.
 
Un accord sur le prix difficile à trouver :
 
Alors que sur le dossier SFR, Bouygues proposait de revendre une partie de ses fréquences et ses 15 000 antennes pour 1,8 milliard pourtant évaluées entre 2,8 et 3,8 milliards, Oddo estime "qu’il n’y a plus de hold-up possible" pour que Free construise son réseau pour une bouchée de pain.
 
Désormais, Bouygues réclamerait 8 milliards d’euros, pour être racheté par Free. Du côté de Free, on estime que "Bouygues Télécom ne vaut pas plus de 5 milliards".
 
Une autre solution est proposée par la Banque Rothschild, banque proche du groupe Bouygues qui aurait proposé "une fusion entre égaux" avec 35 % du capital pour chacun des deux opérateurs et le reste en flottant.
 
Mais pour d’autres ce scénario paraît improbable ne voyant pas Xavier Niel "détenir moins de 50 % du capital." Des propos appuyés par un autre qui ne voit pas Xavier Niel être prêt à "diluer sa participation", quand Free "n’a pas un besoin impératif de cette opération."
 
Certains estiment même que le temps joue en la faveur d’Iliad-Free qui lui est toujours en croissance quand Bouygues génère peu de cash-flow. Pour un analyste "Bouygues ne doit pas être trop gourmand", car plus le temps passe, plus les synergies et la valorisation des deux groupes penchent en faveur de Free et feront baisser le prix d’achat. Certains estiment même que Xavier Niel pourrait attendre que Bouygues soit dans l’impasse pour "le racheter pour un euro symbolique au tribunal de Commerce."
 
Si vous aviez rangé le "pop-corn", il est temps de le ressortir. Le théâtre des télécoms prépare déjà sa nouvelle pièce. Les "frères-ennemis" vont-ils finalement se marier ? La suite dans un prochain épisode.