700 MHz : cacophonie de propositions pour l’avenir de la TNT

700 MHz : cacophonie de propositions pour l’avenir de la TNT

Dans le cadre de la consultation publique concernant l’avenir de la TNT, notamment en vue de la cession des fréquences 700 MHz pour une utilisation 4G, les contributeurs étaient amenés à s’exprimer sur les possibles évolutions de l’offre de service TNT à un horizon de 5 à 10 ans.

Concernant la cession de la bande 700 MHz, les contributeurs soulèvent la question des conséquences d’une telle perte. Certains estiment qu’elle pourrait "entraîner une possible rupture anticipée des contrats, la remise en cause des investissements et la hausse des tarifs de distribution de l’ensemble des multiplex." D’autres vont jusqu’à envisager "le gel de l’offre TNT."

La synthèse de ces contributions relève également des inquiétudes concernant une hausse des coûts de transport et de diffusion des déclinaisons régionales et locales de France 3 et des TV locales. Ils demandent ainsi " que les coûts occasionnés par la cession de la bande 700 MHz soient pris en charge par les bénéficiaires."

Pour remplacer la perte de cette bande de fréquence, "il se dégage un très large consensus autour d’un scénario permettant la transition de la plateforme TNT au tout DVB-T2/HEVC." Ils envisagent également une généralisation du format MPEG-4 "à partir de 2016", ce qui permettrait de libérer des ressources numériques et de rationaliser les coûts de diffusion. À cette date, il ne "resterait que 5 % des foyers à convertir." Tous préconisent majoritairement que "la TNT puisse continuer d’innover grâce au développement des services interactifs (Hbbtv)" et "ont rappelé leur attachement à voir se généraliser la haute définition (HD) complétée rapidement par l’Ultra-HD ( UHD)."

Tous estiment néanmoins que le dégagement de la bande 700 MHz n’est possible qu’à partir de 2020-2021. Un avis qui est partagé par l’un des opérateurs contributeurs qui estime des nouveaux besoins en ressource spectrale "vers 2020 au plus tôt". En revanche, un autre opérateur contributeur "souhaite pouvoir utiliser ces nouvelles fréquences le plus tôt possible." On peut imaginer que cet opérateur est Free Mobile, seul opérateur à ne pas disposer de "fréquence en or" et qui a déjà exprimé un vif intérêt pour cette nouvelle bande bientôt mise aux enchères.

Les industriels de l’audiovisuel s’inquiètent également des nouveaux risques de brouillage des récepteurs TV due à l’utilisation mobile de la bande 700 MHz.

Enfin certains éditeurs estiment de leur côté que la plateforme hertzienne n’est pas adaptée à la télévision de rattrapage, vidéo à la demande et aux usages en mobilité. Ils estiment en revanche que le très haut débit fixe et mobile, notamment la 5G dès 2020 constituent une réponse efficace.

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault devra s’inspirer de ces propositions avant de trancher sur un calendrier de transfert définitif début novembre.

Source : La Correspondance de la Presse