700 MHz : le bonheur de Free et du gouvernement fait le malheur des autres

700 MHz : le bonheur de Free et du gouvernement  fait le malheur des autres

D’après La Tribune, la bande des 700 MHz serait mise aux enchères par le gouvernement, fin 2014, début 2015 dans le but de « générer des recettes le plus rapidement possible. » Si le refarming 4G un peu inopiné de la bande 1800 MHz avait déjà fait râler les opérateurs, pour certains la coupe est pleine : « le cabinet de Fleur Pellerin nous a convoqué en mai pour nous dire qu’il faudrait payer en 2014 pour des fréquences seulement attribuées en 2017-2018. »

Si le président de la république a entériné la réattribution des Fréquences, le ministère de l’économie a d’ores et déjà lancé son cycle de consultations pour vérifier « l’appétence des opérateurs » pour ces Fréquences. L’objectif du gouvernement est clair : en tirer le meilleur prix pour combler le déficit du budget de la défense. Une décision qui fait hurler les chaînes de télévision qui jugent cette décision comme « suicidaire pour l’hertzien»  et qui « affaiblirait la TNT.»

Les opérateurs sont plus mitigés : pour un dirigeant de Bouygues Télécom cette nouvelle annonce d’enchères est le coup de grâce à une économie des télécoms jugée déjà fragile : « on a besoin d’une perfusion et on vient nous faire une prise de sang. »

Le ministère de l’économie n’exclut pas d’étaler les paiements pour les opérateurs avec un premier versement puis un paiement calqué sur le budget de la Défense, par tranches entre 2015 et 2019.

Celui qui se frotte les mains en vue de la réattribution de cette fréquence : c’est Free et Maxime Lombardini son directeur Général qui a répondu à nos questions à l’occasion de la Journée Communautaire : « c’est une assez bonne nouvelle, on savait qu’un deuxième dividende numérique allait arriver, il est prévu sur l’ensemble de l’Europe, il est déjà utilisé aux Etats-Unis. On évoquait, jusqu’il y a deux mois, plutôt un calendrier de libération effective de la bande, vers 2020-2021. C’est une décision courageuse qui a évité le long débat qu’on avait eu pour les précédentes enchères. L’Etat a fait une analyse simple : les seuls qui ont les moyens de payer sont les télécoms. Les fréquences, qui avaient été attribuées avant, étaient insuffisantes et auraient conduit à une pénurie à terme. Qu’elle viennent un peu plus tôt que prévu, c’est une bonne nouvelle pour le secteur»

Du pain bénit pour Free qui avait laissé échapper l’attribution de fréquences sur la bande des 800 MHz, dont les enchères étaient réservées, selon lui, « aux poches profondes ». Free n’avait alors obtenu qu’une autorisation d’exploiter la bande 2600 Mhz pour de développement de sa 4G. La possibilité de rattraper son retard « est une bonne nouvelle pour Free puisqu’on est un peu moins doté sur les fréquences basses. (NDLR disposant d’une couverture est plus large) […] Ca rééquilibre le portefeuille de fréquences en faveur du 4 ème opérateur qui, étant arrivé 20 ans après, a moins de fréquences que les trois premiers.»