Marché unique des télécoms européens : éviter une invasion américaine et chinoise

Si les annonces de Neelie Kroes commissaire Européenne, ont provoqué différentes levées de bouclier en France, contre la fin du roaming et l’accélération du projet de marché unique européen des télécoms, il semble que son projet n’aie pas seulement pour objectif de réduire la facture des abonnés internationaux.

Depuis quelques semaines, l’Europe craint de voir débarquer géants américains et Chinois pour croquer le marché. Si pour le moment les 4 opérateurs Français ne semblent pas sous le coup d’une OPA, ses voisins sont plus en danger et les rumeurs vont bon train.

ATT et Verizon n°1 et 2 aux Etats Unis s’intéressent respectivement à Vodafone et Telefonica. Les équipementiers aussi ont du souci à se faire, Nokia serait le centre d’intérêt du chinois Huawei et de l’américain Microsoft. D’autres, comme le français Alcatel-Lucent, dans une situation financière assez compliquée pourraient, au contraire, faire du pied à ces investisseurs étrangers et faire rentrer le loup dans la bergerie. Vivendi, dont les rumeurs de cession de sa filiale SFR ont été nombreuses au cours des 12 derniers mois, pourrait également voir l’opportunité de faire une plus-value intéressante avec ce type d’investisseur. Déjà, le Hongkongais Hutchison, qui avait mis les pieds en Irlande sous la marque Three, vient de racheter aujourd’hui, pour 780 millions d’Euros, la filiale Irlandaise de Telefonica . Ce dernier se penche également sur une entrée dans le capital de Telecom Italia a hauteur de 30 %. La filiale britannique d’Orange et Deutsche Telekom pourrait également prochainement être sur le marché des transferts, en bourse ou en vente.

Avec plus d’une centaine d’opérateurs en Europe, contre 4 aux Etats-Unis, l’Union Européenne craint que les opérateurs ne puissent faire le poids très longtemps face à ces géants envahissants. Neelie Kroes annonce vouloir « abattre les barrières et voir en grand : planifions, faisons des offres et investissons à grande échelle. Pensons européens et battons-nous dans le monde entier. Ainsi chaque Européen pourra bénéficier de réseaux plus rapides, de meilleurs services et de prix plus justes. » 

D’après le cabinet d’analyse Moody’s « Bruxelles a compris qu’il allait falloir investir dans les infrastructures et alléger les obstacles réglementaires aux fusions transfrontalières. »
Au-delà des luttes nationales, c’est une nouvelle guerre entre opérateurs qui débute. Cette fois-ci elle sera mondiale et il y a de fortes chances qu’elle en laisse sur le carreau.

Source : Les Echos