La fusion Paramount Skydance et Warner Bros validée, l’Europe reste prudente
Après huit mois d’examen, les autorités américaines ont donné leur feu vert à une fusion estimée à 95 milliards d’euros entre deux géants d’Hollywood.
Le principal verrou réglementaire vient de sauter dans l’une des plus importantes opérations de consolidation jamais envisagées à Hollywood. Le ministère de la Justice américain a validé, vendredi 12 juin, le rachat de Warner Bros Discovery par Paramount Skydance, une transaction estimée à environ 111 milliards de dollars (près de 95 milliards d’euros). Une décision qui ouvre la voie à la création d’un géant mondial du divertissement, malgré les inquiétudes persistantes dans l’industrie.
Le feu vert du régulateur américain
Après huit mois d’enquête, le United States Department of Justice a estimé que l’opération n’était « pas susceptible de nuire à la concurrence ni aux consommateurs américains » sur les marchés du streaming, de la télévision et de la production cinématographique.
L’autorité antitrust considère au contraire que cette fusion pourrait renforcer la concurrence face aux leaders du secteur, sans exiger de cessions d’actifs. Elle estime que l’opération est susceptible de « créer des bénéfices pour les consommateurs et les travailleurs américains », selon son communiqué.
Cette fusion réunirait deux acteurs historiques d’Hollywood aux catalogues complémentaires. Côté Paramount Skydance, on retrouve notamment la chaîne CBS ainsi que des franchises comme Mission Impossible ou Star Trek. De l’autre, Warner Bros Discovery apporte la chaîne CNN, l’univers Harry Potter, DC Comics, ainsi que la plateforme HBO Max. L’ensemble donnerait naissance à un groupe disposant d’un catalogue particulièrement vaste et d’une puissance de distribution renforcée, avec près de 200 millions d’abonnés revendiqués par Paramount via ses services de streaming.
Pour les autorités américaines, cette consolidation pourrait permettre de rééquilibrer un marché dominé par les géants du streaming que sont Netflix, Amazon et Disney+. Paramount et Warner Bros, considérés comme des entrants plus tardifs dans la course au streaming par abonnement, espèrent ainsi créer une alternative capable de rivaliser avec ces leaders mondiaux.
Des inquiétudes demeurent, aux USA et en Europe
Si le régulateur fédéral a donné son accord, l’opération ne fait pas consensus dans l’industrie. Plusieurs acteurs d’Hollywood redoutent que cette fusion d’ampleur entraîne des suppressions d’emplois et une restructuration massive des studios. Le ministère de la Justice américain a toutefois écarté ces inquiétudes du champ de l’analyse concurrentielle, estimant que les « préoccupations en matière d’emploi ne soulèvent pas de problèmes relevant du droit de la concurrence ».
Malgré ce feu vert majeur, la fusion n’est pas encore totalement sécurisée. Plusieurs États américains envisagent de contester l’opération devant la justice, tandis que des régulateurs étrangers, notamment au Royaume-Uni et en Europe, continuent d’examiner ses implications. L’opération, validée par les actionnaires de Warner Bros Discovery en avril, pourrait ainsi encore connaître des rebondissements avant sa finalisation, dans un contexte où la consolidation des grands studios redessine profondément l’industrie mondiale du divertissement.
Source : via Capital