Clin d’oeil : il exigeait 150 000 euros de Bouygues Telecom pour une antenne gênante, mais tout ne s’est pas passé comme prévu
Réclamer 150 000 euros pour une antenne à 300 mètres de chez soi, il fallait oser. Mais faute de preuves concrètes, la justice a rapidement ramené la note à… zéro.
C’est une facture salée… mais pas pour les bonnes raisons. Près de Lyon, un propriétaire a tenté de faire payer 150 000 euros à Bouygues Telecom et à Cellnex France après l’installation d’une antenne-relais à environ 300 mètres de chez lui. Une somme qui donne le vertige, mais qui n’a pas convaincu la justice. Installé depuis 2007 dans sa maison, le plaignant voit débarquer en 2022 un pylône d’une trentaine de mètres. L’installation est pourtant parfaitement légale : autorisation municipale, respect des normes, rien ne manque côté administratif.
Mais pour le riverain, la pilule ne passe pas. Il dénonce un trouble visuel, s’inquiète des ondes et estime que son bien immobilier a perdu de la valeur. Résultat : direction le tribunal judiciaire de Lyon avec une demande d’indemnisation à six chiffres. Pour obtenir gain de cause, il s’appuie sur la notion de “trouble anormal du voisinage”. En théorie, même une installation légale peut donner lieu à indemnisation si elle cause une nuisance excessive.
En pratique, c’est une autre histoire. Le tribunal rappelle une règle simple : ce n’est pas à l’opérateur de prouver qu’il n’y a pas de problème, mais au plaignant de démontrer qu’il y en a un. Et là, le dossier commence à sérieusement vaciller. Côté visuel, les photos fournies montrent bien l’antenne… mais uniquement avec zoom, depuis une fenêtre à l’étage. Pas de vue depuis le jardin ou les pièces de vie. À 300 mètres, avec plusieurs maisons entre les deux, difficile de parler de nuisance majeure.
Pour les ondes, même constat. Les mesures présentées ne permettent pas d’isoler l’antenne en cause parmi toutes les sources possibles. Quant aux risques pour la santé, aucun élément médical n’est fourni. Enfin, sur la fameuse dévalorisation immobilière, l’argument peine aussi à convaincre. Une simple attestation évoque une perte de 20 %, mais sans comparaison concrète… et surtout, la maison n’a jamais été mise en vente. Autrement dit : une perte hypothétique, pas réelle.
Verdict : zéro euro… et même une addition
Résultat des courses : le tribunal rejette l’ensemble des demandes le 30 mars 2026. Pire encore pour le plaignant, il est condamné à verser 1 200 € à chaque société, soit 2 400 € au total, sans compter les frais de procédure. On est donc très loin des 150 000 euros espérés. Au-delà de l’anecdote et de la somme impressionnante réclamée, cette affaire illustre une réalité juridique : contester une antenne-relais est possible, mais il faut des preuves concrètes, mesurables et actuelles.
Les craintes, même légitimes, ne suffisent pas. Et dans ce cas précis, la justice a clairement estimé que le préjudice invoqué relevait davantage du ressenti… que d’un dommage démontré. Moralité : entre une antenne à 300 mètres et une demande à 150 000 €, il y avait peut-être un léger problème d’échelle.
Source : Clubic