IPTV illégale : la LFP frappe un grand coup et obtient un blocage inédit en Europe
La lutte contre le piratage de la Ligue 1 et de la Ligue 2 s’intensifie. Pour la première fois en Europe, la justice ordonne à deux registrars de bloquer des noms de domaine liés à des services IPTV et de streaming illégaux.
Ligue de Football Professionnel vient de décrocher une victoire judiciaire inédite en Europe dans sa lutte contre le piratage sportif. Pour la première fois, la justice française a ordonné à deux registrars majeurs de bloquer et suspendre des noms de domaine liés à des sites de streaming et d’IPTV illicites diffusant illégalement la Ligue 1 et la Ligue 2.
Selon LFP Media, le président du Tribunal judiciaire de Paris a rendu le 13 mai 2026 une décision favorable visant les sociétés Namecheap et Dynadot. Ces dernières devront “mettre en œuvre les mesures propres à empêcher l’accès à des sites de streaming et d’IPTV illicites identifiés par la LFP”. Jusqu’à présent, les actions judiciaires menées contre le piratage visaient principalement les fournisseurs d’accès à Internet, les services VPN ou encore les résolveurs DNS. Cette nouvelle décision marque donc un tournant puisque les registrars, c’est-à-dire les bureaux d’enregistrement des noms de domaine, sont désormais directement mis à contribution.
Pour la LFP, cette évolution permet d’aller plus loin dans la neutralisation des plateformes pirates. En suspendant les noms de domaine concernés et en empêchant leur transfert vers d’autres prestataires, les sites visés deviennent beaucoup plus difficiles à remettre en ligne rapidement. “La justice française confirme que les bureaux d’enregistrement sont des intermédiaires qui peuvent être utilement mis à contribution pour remédier aux atteintes aux droits sportifs”, se félicite la Ligue dans son communiqué. La LFP rappelle également que le piratage représente toujours “une menace existentielle pour l’économie du sport français”, évoquant notamment un manque à gagner estimé à plus de 100 millions d’euros cette saison pour la chaîne Ligue 1+. De son côté, L’Arcom veut apaiser les tensions entre les diffuseurs sportifs et les intermédiaires techniques dans la lutte contre le streaming pirate. Le régulateur prépare désormais des accords-types destinés à accélérer les blocages et déréférencements des sites illégaux, tout en évitant une multiplication des conflits judiciaires.