Rachat de SFR : de nouvelles lignes directrices à Bruxelles pourraient profiter à Bouygues Telecom, Free et Orange
La Commission européenne s’apprête à revoir ses lignes directrices sur les fusions, une évolution qui pourrait assouplir leur interprétation et changer la donne pour le marché français, où Bouygues Telecom, Free et Orange s’apprêtent à formuler une nouvelle offre de rachat de SFR.
Les opérateurs télécoms français entrent dans une séquence décisive à Bruxelles. La Commission européenne s’apprête à moderniser ses lignes directrices sur le contrôle des concentrations, un cadre d’interprétation datant des années 2000, avec un calendrier désormais accéléré : une présentation est attendue d’ici le printemps pour une adoption potentielle dès cet été, révèle La Tribune. Un timing qui coïncide avec les discussions autour d’un éventuel rachat de SFR par Bouygues Telecom, Orange et Free. Le trio devrait soumettre une seconde proposition de rachat, idéalement avant la fin du mois de mars ou au début du mois d’avril.
Sans modifier la réglementation elle-même, cette révision vise à faire évoluer la manière dont les autorités apprécient les opérations de fusion. Même dans le cas d’un examen mené au niveau national, ces orientations européennes devraient peser fortement, l’Autorité de la concurrence française s’alignant généralement sur ce cadre. Il faut dire que le contexte a sensiblement changé ces derniers mois, les rapports européens récents sur la compétitivité plaident pour davantage de consolidation afin de faire émerger des acteurs capables de rivaliser à l’échelle mondiale. Une inflexion stratégique qui pourrait rendre plus acceptable un passage de quatre à trois opérateurs en France, jusqu’ici difficile à envisager.
Dans ce nouveau climat, les opérateurs affinent leur argumentaire autour des « gains d’efficience », c’est-à-dire les bénéfices économiques susceptibles de compenser une baisse de concurrence : amélioration des réseaux, investissements accrus ou innovation. Longtemps difficiles à faire valoir, ces arguments pourraient désormais être mieux pris en compte, même s’ils restent exigeants à démontrer. Ce changement de doctrine, encore en construction, nourrit les espoirs du secteur. Au-delà du seul cas SFR, il pourrait ouvrir la voie à une nouvelle vague de consolidation dans les télécoms européens.