Chaînes BFM locales : une transformation majeure se dessine entre regroupement, rachat, alliance et virage éditorial

Chaînes BFM locales : une transformation majeure se dessine entre regroupement, rachat, alliance et virage éditorial

Les BFM Locales ne disparaîtront pas, mais elles ne seront plus tout à fait des chaînes d’information comme les autres. Une restructuration territoriale des antennes est notamment prévu, la reprise d’une fréquence aussi. Sans oublier l’ambition de diffuser du sport et du divertissement pour plus de proximité.

En janvier dernier, l’avenir des chaînes locales de BFM apparaissait quelque peu incertaine à la suite d’une rumeur de fermeture généralisée. Le réseau semblait sur une ligne de crête, menacé par un modèle économique fragilisé depuis la disparition de BFM Paris. Deux mois plus tard, le scénario qui se dessine est radicalement différent puisque selon les révélations de La Lettre, le propriétaire du groupe, Rodolphe Saadé ne prépare pas la disparition des BFM Locales, mais bien leur transformation en profondeur. On se dirige vers une réorganisation globale, à la fois territoriale et éditoriale, avec un objectif clair de relance.

Il faut dire que la nomination de Guillaume Nicolas Brion à la tête de la rédaction des locales, officialisée en janvier, pouvait déjà être interprétée comme un indice de continuité. Elle apparaît désormais comme l’un des premiers jalons d’une restructuration plus large, pilotée par Arnaud de Courcelles, directeur général de BFM Locales.

Dans le détail, le plan repose sur une restructuration territoriale du réseau de neuf antennes qui emploie près de 200 salariés, fragilisé ces derniers mois par des départs non remplacés, des postes vacants dans plusieurs régions et une incertitude persistante depuis la disparition de BFM Paris. Dans le Sud, plusieurs chaînes (Nice, Toulon, Marseille et BFM Dici),  devraient être regroupées au sein d’un vaste pôle unique afin de mutualiser les moyens. Dans le Nord, BFM envisage de récupérer la fréquence laissée vacante par la chaîne Wéo, fermée début 2026. Si l’opération aboutit, BFM Grand Lille pourrait être rebaptisée BFM Hauts-de-France.

Mais c’est en Alsace que le groupe expérimente le modèle le plus inédit. Un accord de trois ans a été signé avec la radio Top Music, qui deviendra mandataire social de BFM Alsace. Cette alliance prévoit une fusion des rédactions, un regroupement des régies publicitaires et la création de programmes communs, dont un talk-show quotidien diffusé simultanément à la radio et à la télévision. C’est aussi sur le terrain éditorial que des évolutions vont avoir lieu. Un glissement est prévu vers des contenus plus accessibles, en intégrant davantage de divertissement et de formats événementiels. Le groupe mise aussi désormais sur les droits sportifs locaux, jugés attractifs et peu coûteux. Des matchs de football du National ou de basket Pro B ont ainsi été acquis, illustrant cette volonté de capter une audience de proximité.

Motion de défiance des BFM locales

Ce repositionnement intervient toutefois dans un climat social tendu. Le 19 mars, les rédactions des BFM Locales ont voté à 79 % une motion de défiance contre la direction. Les syndicats dénoncent un “démantèlement silencieux” du réseau, pointant le non-remplacement des départs, la précarisation des contrats et une grille qui “affaiblit la couverture d’information locale”. Ils s’inquiètent également d’un projet éditorial jugé flou et disparate selon les régions.

Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox