Fibre : Bouygues Telecom, Free, Orange et SFR s’affrontent pour capter les derniers abonnés ADSL dans un contexte particulier

Fibre : Bouygues Telecom, Free, Orange et SFR s’affrontent pour capter les derniers abonnés ADSL dans un contexte particulier

La fin programmée du réseau cuivre accélère la bataille commerciale entre opérateurs. Alors qu’un nouveau palier de fermeture de l’ADSL sera franchi le 27 janvier, la concurrence s’intensifie entre Bouygues Telecom, Orange, SFR et Free pour convertir les derniers abonnés encore connectés à l’ancien réseau vers la fibre optique.

La France ne comptait plus que 4,5 millions d’abonnements haut débit (principalement ADSL) fin septembre 2025 selon l’Arcep. En quelques années, plusieurs millions de lignes ont disparu, signe d’une transition désormais pleinement engagée vers le très haut débit par les grands opérateurs français. La fibre, forte de 26,3 millions d’abonnés et d’une couverture de 93,5 % des locaux (42 millions raccordables), s’est donc imposée comme la norme.

Cette chute de l’ADSL apparaît aujourd’hui cohérente avec la fermeture progressive du réseau cuivre d’Orange, un chantier enclenché en 2022 et qui s’intensifie. L’opérateur historique a déjà coupé son réseau dans 162 communes, soit 256 700 foyers basculés vers la fibre. Mais c’est surtout cette année qui marquera le début d’une phase à grande échelle : dans de nombreuses communes inscrites au calendrier, plus aucun opérateur ne pourra proposer d’offre ADSL, que ce soit pour la téléphonie ou pour l’accès internet.

Le 27 janvier, 763 communes supplémentaires abandonneront finalement définitivement l’ADSL à la suite d’un report sur 66 communes, portant à près de 833 000 le nombre de logements et d’entreprises contraints de migrer vers une offre fibre. Un mouvement encore progressif, mais appelé à s’amplifier fortement à partir de 2027, avec 2,5 millions de locaux concernés, avant une extinction totale du cuivre entre 2028 et 2030.

Bouygues Telecom en position d’attaquant, mais le retard reste grand

Dans ce contexte, Bouygues Telecom affiche une confiance assumée. Lors de la présentation de deux nouvelles box cette semaine, un dirigeant de l’opérateur n’a pas caché sa satisfaction : depuis cinq trimestres consécutifs, Bouygues est le premier recruteur d’abonnés fibre en France. Une performance notable sur un marché désormais fermé aux nouvelles lignes, où la croissance se fait désormais en majorité par transferts de clients entre opérateurs., rapporte Les Echos.

L’opérateur bénéficie aussi d’un avantage structurel : avec environ 700 000 abonnés encore en ADSL, il dispose du plus petit vivier à convertir. Arrivé plus tardivement sur le marché de l’Internet fixe, Bouygues a historiquement moins dépendu du cuivre. En 2025, il s’est montré particulièrement offensif avec des offres ciblées comme Pure Fibre, et entend poursuivre sur cette lancée en 2026. mais l’opérateur reste celui qui compte le moins d’abonnés fixe sur le marché, et cherche à rattraper son retard. Cela semble difficile en l’état, le FAI comptait fin septembre 2025  4,6 millions d’abonnés fibre pour un parc fixe total  5,3 millions de clients. Devant lui, SFR apparaît comme le rival le plus susceptible d’être dépassé même si dernier risque d’être vendu d’ici là. La filiale d’Altice revendique 6,07 millions de clients fixe dont 5,3 millions sur la fibre.

A la seconde place, Free lui dispose de 7,6 millions d’abonnés fixe dont 6,5 millions sont équipés de la fibre et semble inatteignable eu égard du rythme de recrutement actuel de Bouygues Telecom sur le segment. Sur la migration vers la fibre, SFR et Free avancent avec des profils intermédiaires. L’opérateur au carré rouge doit encore convertir environ 800 000 abonnés ADSL, tandis que Free en compte près de 1,1 million. Pour ces deux acteurs, la transition vers la fibre représente à la fois un risque de churn et une opportunité de montée en gamme, dans un contexte de forte pression sur les prix et de concurrence accrue sur les offres d’entrée de gamme.

Si Orange fait cavalier seul plus avec de 10 millions de clients FTTH et près de 12,5 millions d’abonnements fixe, l’opérateur historique se trouve dans une position plus délicate à gérer. Propriétaire du réseau cuivre qu’il est lui-même en train de fermer, l’opérateur historique compte encore environ 2,3 millions de clients ADSL à migrer. Un enjeu industriel et commercial majeur, qui impose une transformation à grande échelle de sa base d’abonnés, tout en limitant les pertes au profit de la concurrence.

À mesure que les fermetures du cuivre s’enchaînent, la fibre devient donc un champ de bataille stratégique. Promotions ciblées, renouvellement des box, segmentation des offres et discours sur la performance réseau : chaque opérateur affine sa stratégie pour capter des abonnés captifs, souvent contraints de changer de technologie… et parfois d’opérateur.

Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox