Fermeture de l’ADSL : Orange retarde ses plans dans des milliers de communes faute de déploiement fibre assez rapide
Faute d’une couverture fibre suffisante, Orange décale d’un an l’arrêt des nouvelles souscriptions ADSL pour près de la moitié des foyers français, sans remettre en cause l’extinction totale du cuivre prévue à l’horizon 2030.
Orange revoit son calendrier de fermeture commerciale de l’ADSL. Alors que l’opérateur historique envisageait de mettre fin à toute nouvelle souscription dès le 31 janvier 2026, cette échéance est finalement repoussée d’un an pour une large partie du territoire. En cause : un déploiement de la fibre optique encore insuffisant dans de nombreuses communes, rendant impossible une transition sans risque pour les abonnés.
Dans un document interne publié le 19 décembre, Orange détaille les zones concernées par ce report. Près de 8 000 communes, représentant environ 23 millions de logements et de locaux professionnels, pourront encore accueillir de nouveaux abonnements ADSL jusqu’au 31 janvier 2027, dont près de 5000 communes nouvellement annoncées par l’opérateur, 3000 d’entre elles étant déjà concernées depuis février 2025. Ce décalage concerne près de la moitié des foyers français. La décision s’inscrit dans les recommandations de l’Arcep, qui rappelle qu’aucune commune ne peut voir son réseau cuivre fermé tant que la fibre n’y est pas intégralement déployée, afin d’éviter toute coupure brutale d’accès à Internet.
L’opérateur assure avoir agi par précaution, y compris dans des zones où la fibre est presque généralisée. Orange maintient néanmoins son objectif d’extinction complète du réseau cuivre à l’horizon 2030. La fermeture technique, qui intervient au minimum un an après la fermeture commerciale, reste globalement inchangée, à l’exception de 41 communes supplémentaires pour lesquelles l’arrêt définitif de l’ADSL est désormais fixé au 31 janvier 2028.
Ce report intervient alors que la fermeture du réseau cuivre s’accélère progressivement. Orange prévoit ainsi de couper totalement l’ADSL pour près d’un million de logements supplémentaires, venant s’ajouter à ceux déjà privés de cette technologie. L’enjeu est autant technique qu’économique : le maintien de cette infrastructure vieillissante, déployée initialement pour la téléphonie fixe dans les années 1960, représente un coût annuel estimé à plusieurs centaines de millions d’euros, pour un réseau de moins en moins utilisé.
Pour respecter le calendrier global, Orange comme ses concurrents doivent encore achever le déploiement de la fibre optique. Si une large majorité des logements français sont aujourd’hui éligibles, plusieurs millions restent à raccorder, souvent dans des zones complexes et coûteuses à équiper. Tant que ces derniers foyers ne seront pas connectés, la disparition totale de l’ADSL devra composer avec des ajustements de calendrier.
Source : Le Monde