Augmentation du prix d’accès à la fibre de SFR pour les opérateurs en zone AMII : Bouygues Telecom attaque, l’Arcep est sur le coup

Augmentation du prix d’accès à la fibre de SFR pour les opérateurs en zone AMII : Bouygues Telecom attaque, l’Arcep est sur le coup

Le 1er février dernier, SFR a revu à la hausse ses tarifs de gros facturés aux opérateurs pour se raccorder à son réseau fibre en zone moyennement dense. De quoi faire grincer des dents Orange, Free, SFR et Bouygues. Ce dernier a demandé un arbitrage auprès de l’Arcep. Le régulateur est lui aussi remonté.

Le torchon brûle toujours entre SFR et ses rivaux. Face au choix de l’opérateur au carré rouge de revoir à la hausse pour les opérateurs ses prix d’accès à son propre réseau FTTH en zone AMII, Bouygues Telecom a déposé une demande de règlement de différend à l’Arcep, révèle La Tribune. Cela concernerait 641 communes, soit 2,5 millions de locaux.

Depuis le 1er février, le tarif de “cofinancement” pour les opérateurs ayant décidé de se raccorder au réseau de SFR dans cette zone a en effet augmenté. Pour une tranche de 5 % des logements dans une zone concernée et fibrée par la filiale d’Altice, le prix est passé de 5,32 à 5,90€. Dans le même temps, le prix de location d’une ligne à l’unité a grimpé de 16,40 à 16,73 euros par mois, soit une augmentation de 2%. A titre de comparaison, Orange demande respectivement 5,48€ et 13,20€. A contrario de Free, Bouygues ne co-investit pas avec SFR en zones moyennes denses, il a seulement recours à la location de lignes à l’unité, explique un connaisseur du secteur.

L’Arcep ne laissera pas “de passager clandestin dans le système”

Quoiqu’il en soit cette hausse met en rogne les opérateurs, jugeant ces tarifs délirants à l’heure où les prix de gros sont plutôt à la baisse. Le déploiement de la fibre étant de plus en plus conséquent, les coûts diminuent, en toute logique. Selon eux, cette augmentation aurait pour but de les décourager à lancer leurs offres fibre sur sa zone. Ce sera donc à l’Arcep d’arbitrer. Vendredi dernier lors d’une visioconférence avec les collectivités, Sébastien Soriano, président du régulateur a fait savoir qu’il compte bien “mettre les points sur les i”. Et d’ajouter, ” l’Arcep ne laissera pas de passager clandestin dans le système. Elle ne laissera pas un acteur profiter de la situation pour pratiquer des prix plus élevés en ayant instauré un monopole privé.”

De son côté, SFR argue que la révision de ses tarifs de gros n’est seulement que de “quelques centimes”.Selon lui, cette hausse lui permet de « tenir compte des coûts de maintenance plus importants, du fait notamment de dégradations ».