Pour suivre la propagation des virus, les opérateurs télécoms pourraient partager leurs données avec les chercheurs

Pour suivre la propagation des virus, les opérateurs télécoms pourraient partager leurs données avec les chercheurs

L’Europe sollicite les opérateurs télécoms. Elle les invite en effet à partager leurs métadonnées avec les chercheurs pour faciliter le suivi de l’évolution des virus et l’anticipation des crises sanitaires.

En pleine crise sanitaire, Thierry Breton a choisi une démarche de responsabilisation plutôt que législative pour des résultats plus rapides. Le Commissaire européen au Numérique a ainsi obtenu des géants de streaming et des réseaux sociaux qu’ils limitent leur impact sur la charge des réseaux, afin de limiter les perturbations pour le télétravail et l’enseignement en ligne. Il s’est par ailleurs adressé aux opérateurs télécoms.

En effet, Thierry Breton a rencontré ce lundi plusieurs opérateurs européens, dont Deutsche Telekom, Orange, Telecom Italia et Vodafone pour leur demander un partage des métadonnées avec les chercheurs. Mais dans quel but ? Il s’agirait en effet de permettre aux chercheurs de modéliser plus facilement la propagation des virus au sein de la population, afin de mieux prévoir les pics épidémiologiques. Quid de la vie privée avec une telle démarche ? Les données seraient anonymisées. Et pour ceux qui craindraient une surveillance généralisée, les données d’un ou deux opérateurs par pays suffiraient.

En France, Orange collabore déjà avec l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale). “Nous travaillons actuellement avec l’Inserm et des préfectures, afin de pouvoir alimenter sous quelques jours les autorités avec des indicateurs statistiques construits en toute conformité avec la réglementation sur les données personnelles”, a récemment déclaré l’opérateur à l’AFP. Au Figaro, le PDG d’Orange Stéphane Richard a aussi souligné la nécessité de quelques ajustements : “Cela demande des ajustements réglementaires et un accord de la CNIL. Ainsi, il faudrait pouvoir garder des données sur une durée de temps longue. Or, actuellement, nous devons les supprimer au bout d’un an. Nous voudrions les garder deux ans. Ce sont des travaux tout à fait essentiels”.

Source : Le Figaro