5G en France : Pékin met en garde contre des “mesures discriminatoires” à l’égard de son champion

5G en France : Pékin met en garde contre des “mesures discriminatoires” à l’égard de son champion

Dans la polémique autour de Huawei, le ton monte du côté de la Chine. Pékin suspecte des mesures discriminatoires contre son champion à l’heure de la 5G en France. Elle sous-entend un retour de bâton dans le cas où cela se confirmerait.

Peu de temps après qu’Orange ait annoncé choisir Ericsson et Nokia pour sa 5G et que Free ait annoncé signer avec Nokia pour la sienne, Pékin a décidé de réagir. Par le biais de son ambassade, la Chine dit être choquée et inquiète concernant ce qui se trame en France à l’heure de la 5G. Elle évoque “des reportages récents dans plusieurs médias français” à propos de “mesures restrictives contre Huawei dans le déploiement de la 5G” telles que “l’interdiction aux équipements 5G de Huawei d’être utilisés dans des dizaines de grandes villes françaises et l’imposition à Huawei d’une durée de validité de l’autorisation nettement plus courte qu’aux équipementiers européens comme Nokia et Ericsson”.

La Chine rappelle que le gouvernement a “réaffirmé à plusieurs reprises que sur la question de la 5G, la France ne prendrait pas de mesures discriminatoires contre un pays ou une entreprise spécifique ni n’exclurait pas Huawei.“Si les informations susmentionnées des médias français s’avèrent exactes, c’est visiblement contraire à l’engagement pris par le gouvernement français”, déplore l’Empire du Milieu.

Rappelant les “avantages considérables tant sur les plans de la technologie, du coût que du marché” faisant que “la plupart des opérateurs français veulent coopérer plus avec Huawei dans le déploiement des réseaux 5G”, Pékin dit comprendre les préoccupations concernant la sécurité. Et d’ajouter que Huawei “s’est dit prêt à signer avec la France et tous les autres pays partenaires des accords de non-porte dérobée”. Rappelant que les craintes doivent être “fondées sur des bases scientifiques et la réalité des faits” et que les mesures prises doivent être “proportionnées”, Pékin estime que les critères doivent être “transparents” et que les entreprises doivent être traitées de la même façon. Pas en fonction du “pays d’origine”. Cela constituerait “une discrimination patente et un protectionnisme déguisé”. Les opérateurs avaient eux-mêmes réclamé plus de transparence et craignaient un mécanisme d’autorisations visant à écarter le géant chinois sans justification.

“La Chine a toujours accordé un traitement équitable à Nokia et Ericsson dans le déploiement des réseaux 5G en Chine et les a même autorisés à prendre part au déploiement du cœur des réseaux”, est-il rappelé dans le communiqué. “Nous ne souhaitons pas voir le développement des entreprises européennes dans le marché chinois affecté à cause de la discrimination et du protectionnisme de la France et d’autres pays européens à l’égard de Huawei”, est-il ajouté. En d’autres termes, il y aura un retour de bâton en cas de confirmation de mesures anti-Huawei. Pékin affirme en tout cas vouloir maintenir “la confiance mutuelle” et poursuivre sa “coopération étroite et fructueuse dans nombre de domaines qui touchent à la sécurité nationale, comme le nucléaire civil, l’aéronautique et l’aérospatial”.