Extinction du réseau cuivre d’Orange : l’Arcep entend jouer un rôle de garant pour éviter une bascule au détriment des utilisateurs

Extinction du réseau cuivre d’Orange : l’Arcep entend jouer un rôle de garant pour éviter une bascule au détriment des utilisateurs

Le régulateur se félicite du chantier colossal dans lequel s’est lancé Orange, à savoir le démantèlement de son réseau cuivre durant la prochaine décennie. Mais l’enjeu est de taille. Le régulateur souhaite jouer un rôle de garant pour éviter tout dérapage.

La fin du réseau de cuivre de l’opérateur historique est actée : d’ici 2030, Orange prévoit une bascule de l’ensemble des abonnés vers la fibre. Le FAI arrêtera ainsi la commercialisation de nouvelles lignes dans environ 3 ans puis procédera à l’arrêt du cuivre progressivement par plaque. Le chantier a déjà commencé mais il est de taille. En parallèle, l’opérateur historique dans sa mission de délégataire du service universel, prévoit d’optimiser son réseau cuivre en France. L’opérateur envisage en revanche de “forcer” la transition vers la fibre en relevant les tarifs du cuivre lesquels sont régulés par l’Arcep, pour inciter ses abonnés à franchir le pas.

À cet égard, le régulateur se félicite aujourd’hui de la mobilisation d’Orange pour ce chantier inédit. Aux yeux de l’Arcep, “l’enjeu est maintenant de dessiner les contours d’une France de la fibre, pour créer les conditions d’une substitution totale, à terme, du réseau historique en cuivre par la fibre”.

Néanmoins, les enjeux autour de ce démantèlement “dépassent” Orange selon la police des télécoms qui “entend jouer un rôle de garant de cette bascule, pour qu’elle ne se fasse pas au détriment des utilisateurs, tout en permettant au jeu concurrentiel très dynamique de continuer”.

Il s’agira en particulier de “s’assurer que les différents opérateurs ont les bonnes incitations pour que la bascule se fasse dans un calendrier adapté et qu’aucun utilisateur ne soit laissé de côté”, poursuit le régulateur.

Dans une interview accordée aux Echos, Sébastien Soriano a justifié hier cette nécessité de veiller au bon rythme du démantèlement. Un risque subsiste selon lui : “En toute hypothèse, Orange pourrait être incité à ne pas faire la bascule cuivre/fibre aussi vite qu’annoncé pour continuer à valoriser son réseau de cuivre. Cela aurait un surcoût qui serait payé par les opérateurs alternatifs et, in fine, le consommateur”. C’est aujourd’hui une évidence pour l’Arcep, avant d’éteindre une bonne fois pour toute le réseau cuivre, il faudra donc s’assurer que tous les clients ADSL aient bien tous un accès à des offres fibre. En attendant, l’Autorité de régulation demande à Orange de maintenir la qualité du réseau cuivre et de trouver un juste équilibre.