Transition vers l’IPv6 : les autorités françaises vont proposer à la Commission européenne de s’emparer du sujet

Transition vers l’IPv6 : les autorités françaises vont proposer à la Commission européenne de s’emparer du sujet

Sollicitées sur la question de la transition de l’IPv4 à l’IPv6, les autorités françaises rappelent leurs capacités d’action limitées et comptent inviter la Commission européenne à s’emparer du sujet.

À l’heure où le nombre d’objets connectés augmente et où le stock d’adresses IPv4 s’épuise à vitesse grand V, les opérateurs tels que Free déploient l’IPv6 qui devrait permettre d’être tranquille un bon moment concernant le nombre d’adresses IP disponibles. Par le biais de mises à jour pour les Freebox Delta et Freebox Révolution, l’opérateur de Xavier Niel a ainsi décidé de mettre l’IPv6 par défaut et d’empêcher sa désactivation. Dans ce contexte, l’AOTA (Association des Opérateurs Télécoms Alternatifs) s’était tournée vers le gouvernement avec une lettre ouverte, demandant au gouvernement de se saisir du dossier afin de préserver l’équilibre concurrentiel.

L’AOTA a visiblement trouvé oreille attentive puisqu’elle a reçu une lettre de la DGE (Direction Générale des Entreprises) qui indique “partager les préoccupations décrites dans le courrier concernant la raréfaction du stock d’adresses IP définies selon le protocole IPv4, ainsi que les enjeux liés à la transition vers le protocole IPv6”.

Le courrier de la DGE souligne toutefois la chose suivante : “les capacités d’action du Gouvernement en la matière sont cependant limitées par l’absence de base législative l’autorisant à réglementer ce type de ressources, du fait que les adresses IP sont gérées au niveau international par l’ICANN et attribuées directement au niveau européen par le registre Internet européen, le RIPE NCC basé à Amsterdam”. L’autorité va ainsi proposer à la présidence du Conseil de l’Union européenne de mettre un groupe de travail sur le sujet de la transition de l’IPv4 vers l’IPv6. La DGE souligne que l’Arcep, le régulateur des télécoms en France, a également son rôle à jouer avec son Baromètre annuel de la transition vers IPv6 en France et la Task-Force récemment annoncée.

Le Ripe NCC, le registre régional d’adresses IP qui alloue les IP pour l’Europe et le Moyen-Orient, prévoit pour rappel d’arriver à bout des adresses IPv4 en novembre 2019. L’iPV6 doit à terme remplacer l’iPv4, qui ne peut pas générer suffisamment d’adresses. Grâce à des adresses de 128 bits au lieu de 32 bits, IPv6 dispose d’un espace d’adressage bien plus important que l’IPv4.