Free toujours en tête dans la transition vers l’iPv6 devant Orange, Bouygues et SFR sont très loin

Free toujours en tête dans la transition vers l’iPv6 devant Orange,  Bouygues et SFR sont très loin

L’Arcep a levé le voile sur son baromètre annuel de la transition vers l’IPv6 chez les fournisseurs d’accès à Internet. Premier constat au 30 juin 2018, Free est comme en 2017 aux avant-postes avec un taux d’activation de 50% contre 45% pour Orange. A la traîne, Bouygues est à 2,5% et SFR, à 0,9%.

Le régulateur explique dans son analyse qui a pour but de dresser l’état des lieux des déploiements de l’Pv6 en France en vue de son accélération, que le protocole IPv4 utilisé sur internet dès ses débuts, offre un espace d’adressage de près de 4,3 milliards d’adresses IP. Or, le succès d’internet, la diversité des usages et la multiplication des objets connectés ont eu comme conséquence directe l’épuisement progressif des adresses IPv4, certaines régions du monde étant touchées plus que d’autres.
 
Aujourd’hui, les quatre principaux opérateurs français (Bouygues Telecom, Free, Orange, SFR) ont déjà affecté entre environ 88% et 99% des adresses IPv4 qu’ils possèdent.

 

État des lieux

 

Free était l’un des premiers opérateurs dans le monde à faire évoluer son réseau vers l’IPv6 pour optimiser les services proposés à ses abonnés et favoriser le développement des applications du futur dès 2007. Il affiche désormais un taux d’utilisation de 50% contre 35% l’année dernière. Orange est toujours à quelques encablures avec un taux de 45% (33% en 2017). Bouygues Télécom passe de moins de 1% à 2,5%. SFR ferme la marche avec 0,9% et n’évolue pas.

 

 

L’IPv6 est activé par défaut sur les box compatibles d’Orange, de Free et de Bouygues Télécom, au moins pour les nouveaux clients et ceux ayant souscrit après 2015, alors que pour SFR à ce stade, l’activation de la box est possible mais celle-ci doit être réalisée manuellement par l’opérateur ou par l’utilisateur. La politique d’activation d’IPv6 sur les box des principaux opérateurs explique ainsi la différence entre le taux de clients disposant d’IPv6-ready et le taux de clients effectivement activés en IPv6 qui émettent et reçoivent du trafic.

A titre d’exemple, 100% des abonnés xDSL et fibre de Free sont IPv6-ready mais au total la moitié est activée. Par ailleurs, 40% des clients d’Orange xDSL et 90% FTTH sont IPv6-ready et 45% sont activés. Si 100% des clients SFR sont déjà compatibles sur le xDSL et le FTTH (0% sur le câble), moins de 1% d’entre eux sont activés. L’Arcep invite ainsi SFR à réaliser cette activation par défaut comme la plupart des autres opérateurs. 

Par ailleurs, le régulateur regrette la chute des prévisions de migration sur les réseaux fixes de Bouygues Telecom : 40 à 50% de clients activés sont prévus à horizon mi-2021, contre 75 à 85% annoncés à fin 2020 dans le précédent baromètre.

 



Prévisions de déploiement à court et moyen terme

 
Concernant les plans de transition au niveau du réseau fixe des différents opérateurs en France à mi-2019, Free envisage d’activer IPv6 sur 55 à 65% de son parc, idem pour Orange. Bouygues Télécom prévoit de généraliser la migration pour obtenir 20 à 30% de clients activés et va devoir mettre les bouchées doubles. Enfin, SFR projette quant à lui que moins de 5 à 15% de ses clients activés à cet horizon. 

 

Alors que l’épuisement des adresses IPv4 est prévu à fin 2021, l’Arcep s’alarme et note que"certains acteurs n’envisagent pas un déploiement sur leurs réseaux fixes qui permettrait de répondre à la pénurie à moyen terme, ce qui, comme indiqué plus haut, apparaît problématique."