IPv6 : Free frôle les 100% loin devant ses rivaux sur le fixe, mais la situation est “regrettable” sur le mobile

IPv6 : Free frôle les 100% loin devant ses rivaux sur le fixe, mais la situation est “regrettable” sur le mobile

L’Arcep fait le point sur le basculement des utilisateurs vers l’IPv6. Si Free montre l’exemple sur les réseaux fixes, l’opérateur de Xavier Niel a par contre du pain sur la planche sur les réseaux mobiles.

Dans son dernier rapport sur l’état d’Internet en France, où un nouvel indicateur sur les débits mobiles a fait son apparition, l’Arcep s’intéresse à la transition vers l’IPv6 opérée par Orange, Free, Bouygues Telecom et SFR. Et il y a encore du boulot, y compris pour l’opérateur de Xavier Niel. L’Arcep invite ainsi les opérateurs à “poursuivre leurs efforts pour accélérer la transition”.

Dernière ligne droite avant les 100 % dans le fixe

Sur les réseaux fixes, Free et Orange font figure de bons élèves avec respectivement 99 et 75 % des abonnés ayant migré vers l’IPv6 au 30 juin 2020. Dans le cas de Free, les 100 % devraient d’ailleurs être atteints à la mi-2023. À la même période, le taux de clients en IPv6 devrait osciller entre 85 et 95 % pour Orange.

Des projections jugées “encourageantes” par l’autorité administrative, surtout comparées aux 28 % de Bouygues Telecom et 1,6 % de SFR. Concernant la situation actuelle et à venir de l’opérateur au carré rouge, le régulateur est d’ailleurs clair : elles demeurent “insuffisantes”. Les prévisions oscillent en effet entre 5 et 15 % à mi-2022 et entre 10 et 20 % à mi-2023.

Un début de transition sur le réseau mobile

Sur les réseaux mobiles, la situation est tout autre pour Free. L’opérateur de Xavier Niel est en retard et n’a pas pu fournir des informations. “ll est particulièrement regrettable que Free Mobile n’en soit qu’au début de la transition de son réseau mobile à ce jour et n’ait pas été en mesure de transmettre des prévisions”, estime en effet l’Arcep. Cela s’explique par une activation rendue possible depuis décembre 2020, assez récemment donc.

Bon élève, Bouygues Telecom a atteint des taux de 87 % pour les clients Android et 98 % pour les iPhone à mi-2020. Orange est loin derrière, avec des taux respectifs de 35 % pour les clients sous Android et 60 % pour les clients iPhone à fin juin 2020.

Quant à SFR, il fait carton plein pour les clients iPhone, à condition toutefois de disposer de la mise à jour iOS 14.3 diffusée en décembre 2020. La disponibilité de l’IPv6 ne concerne en revanche que “certains terminaux Android récents” depuis le premier semestre 2021. L’opérateur au carré rouge est donc “encouragé à accélérer les activations des terminaux Android en IPv6”.

Ci-dessous, le taux de transition pour les utilisateurs Android :

Puis, celui pour les utilisateurs iOS :

Free, Bouygues Telecom et SFR sont par ailleurs invités à entamer au plus vite la transition vers l’IPv6 sur la 4G fixe. “Orange, ayant l’intégralité de ses clients 4G fixe IPv6-ready, est en particulier invité à réaliser l’activation d’IPv6 par défaut sur cette technologie”, souligne le régulateur.

Qu’apporte l’IPV6 par rapport à l’IPV4 ?

En fait, l’IPv4 utilise 4 blocs de 3 chiffres compris en 0 et 255 (192.168.1.1, par exemple) et limite le nombre d’adresses à environ 4 milliards. Un chiffre qui peut paraître énorme au premier abord, mais qui pose problème avec la démocratisation d’Internet dans le Monde et l’explosion du nombre d’appareils connectés à Internet. Cela oblige à avoir recours aux sous-réseaux, c’est-à-dire qu’une seule adresse IPv4 peut servir pour tout un foyer (ordinateurs, mobiles, TV connectée, etc.).

Avec l’IPv6, on se retrouve avec 8 blocs de 4 caractères hexadécimaux pouvant être des chiffres compris entre 0 et 9 ou des lettres comprises entre a et f (1234 :abcd:1234 :abcd:1234 :abcd:1234 :abcd, par exemple). On a ainsi environ 3,4 x 10ˆ38 possibilités (2ˆ128), soit 1 700 milliards de fois plus que de grains de sable sur Terre (2 x 10ˆ26). Autant dire qu’on est tranquille pour un moment. Plus besoin de sous-réseau. Chaque appareil peut avoir sa propre adresse IP.