L’Europe en difficulté face aux enchères de fréquences 5G

L’Europe en difficulté face aux enchères de fréquences 5G

Si les résultats des enchères de fréquences 5G viennent d’être publiés pour la Suisse, pour les autres pays d’Europe, ces ventes de fréquences sont un véritable casse-tête à différents niveaux. 

Un retard d’attribution de fréquences

Alors que les enchères sont finies pour certains pays d’Europe comme l’Italie ou la Suisse, moins de 7% des fréquences 5G ont été attribuées sur l’ensemble du territoire européen d’après la Commission européenne. La faute notamment à des différents entre l’autorité du pays concerné et les opérateurs télécoms, comme c’est le cas en Allemagne par exemple. De même, en Belgique, l’état a du mal à tomber d’accord sur la question et devrait décaler ses enchères à l’année prochaine, idem pour le Danemark (avec des enchères initialement prévues en 2018). Même la France reste très prudente, malgré de récentes annonces de la Secrétaire d’état aux télécommunications. 

Des choix cornéliens à faire pour les Etats membres

Malgré les différentes alertes sur le retard pris par l’Europe et les déclarations enjoignant les Etats membres à accélérer la cadence, il semble que beaucoup de paramètres jouent sur le lancement des enchères concernant la 5G. Par exemple, les divers états veulent éviter un scénario similaire à ce qui s’est déroulé en Italie qui a certes vendu ses fréquences rapidement, mais avec des montants tellement élevés que le pays qui se voulait bon élève est devenu un exemple à ne pas suivre. 

De plus, des choix doivent être faits pour les pays encore en retard. Notamment décider d’un équilibre entre les prix des fréquences et le budget des opérateurs pour le déploiement du réseau. En effet, s’il serait possible de vendre ces fréquences 5G à un prix très élevé, les gouvernements souhaitent également une couverture rapide et étendue pour cette nouvelle technologie des télécoms. 

Pour certains pays, le choix d’introduire un nouvel opérateur sur le marché des télécoms est également discuté, notamment après l’effet de l’arrivée de Free en France ou d’Iliad en Italie, baissant le prix payés par les consommateurs. Un phénomène qui intéresse en Allemagne ou en Belgique mais qui obligerait les opérateurs déjà implantés à accompagner le nouvel arrivant qui devrait rattraper son retard. 

Ces choix se combinent tous avec une difficulté inhérente à l’arrivée de la 5G : face à cette technologie, définir un marché et développer des infrastructures permettant une couverture large. Si la 5G promet une très belle avancée technologique, pour les acteurs du monde des telecoms c’est une source de complications supplémentaires et la promesse de couverture d’au moins une ville par Etat membre de l’Union Européenne en 2020 semble difficile à tenir. 

 Source : Les Echos