Orange, Free, Bouygues et SFR : la police des télécoms milite enfin pour des tests de débit fiables et propose des solutions

Orange, Free, Bouygues et SFR : la police des télécoms milite enfin pour des tests de débit fiables et propose des solutions

 

Si les outils de test de débit et de latence sont légion sur le marché, l’Arcep s’inquiète (enfin) de leur fiabilité et propose de nouvelles méthodes afin d’éradiquer les larges disparités constatées dans les différents classements des FAI. La police des télécoms souhaite harmoniser les tests et ainsi lutter contre l’utilisation partielle des données par les opérateurs dans leurs publicités.

Comme le rapporte en exclusivité 01Net, le régulateur a quelque peu fait son mea culpa ce matin par la voie de son président lors de la publication de son rapport sur l’état de l’internet en France. Prenant entre autres exemple sur son propre observatoire sur la qualité de l’internet fixe lancé en 2016, Sébastien Soriano a avoué que les tests de l’Arcep « manquaient de représentativité sur le territoire et ils se déroulaient en environnement contraint ce qui permettait aux opérateurs d’optimiser leurs accès ». Et d’ajouter qu’aujourd’hui « il n’existe pas d’outil suffisamment robuste pour que nous puissions conclure à leur fiabilité ». Pire encore selon lui, « les consommateurs ne sont bien pas éclairés. Les informations brutes ainsi obtenues peuvent les induire en erreur ».

En effet, bien souvent aucune distinction n’est faite entre certaines technologies, sans parler de tests qui mesurent le débit avec une unique connexion TCP, alors que d’autres dans le même temps optent pour plusieurs connexions. Autre problème, les débits affichés sont tantôt une moyenne, tantôt un pic atteint. Sans oublier que parfois les serveurs sur lesquels sont lancés des mesures sont localisés à divers endroits du réseau des FAI. En somme, les résultats sont largement impactés et donc disparates.

Afin d’y remédier, l’Arcep a travaillé pendant deux ans en collaboration avec les opérateurs ainsi que « des centres de recherche, des associations de consommateurs et les sociétés qui développent ces outils de mesure », et ce dans l’optique « de proposer la version bêta d’un code de conduite et d’une méthodologie », révèle 01 Net.

 

Les solutions en question, Free a pensé à l’une d’entre elles en 2011

 

Concrètement, la méthode avancée par l’Arcep , « c’est que les fournisseurs d’accès à internet développent des API pour leur box, afin que les outils de mesure aient accès à un certain nombre d’informations sur la nature de l’accès de l’utilisateur », a déclaré Sébastien Soriano. Le but étant de gagner en fiabilité en mettant fin à l’auto-déclaratif des utilisateurs. Un changement de fusil d’épaule notable. En 2011, Free a proposé cette méthode dans une consultation publique initiée par le régulateur, laquelle portait sur le suivi de la qualité du service d’accès à l’internet sur les réseaux fixes. En vain, cette solution a été jugée non nécessaire par l’Arcep jusqu’à présent.
 

 

Autre mesure annoncée ce matin par le régulateur, la mise en place d’un code de bonne conduite listant les "bonnes" pratiques à suivre ainsi que la publication de recommandations de mesures pour les différents acteurs concernés comme la durée d’un test de débit, le nombre de threads etc. A noter enfin que l’Organe des régulateurs européens des communications électroniques (BEREC) a lancé un appel d’offres afin de développer un outil commun de mesures de la qualité de l’internet. Un portail va donc voir le jour afin de permettre aux utilisateurs d’avoir un accès à des statistiques précises et des cartes.