Peu avant l’arrivée d’Iliad, les opérateurs italiens sont soupçonnés de s’être entendus sur les prix

Peu avant l’arrivée d’Iliad, les opérateurs italiens sont soupçonnés de s’être entendus sur les prix

Un cartel du mobile en Italie ? Un petit air de déjà vu pour nous français, une découverte pour nos amis d’outre Alpes. 

Alors que le lancement des offres Iliad en Italie approche à grand pas. L’autorité italienne de la concurrence soupçonne une entente illégale entre les quatre grands opérateurs Wind-Tre, Vodafone, Telecom Italia et Fastweb qui si elle se confirme aux termes de son enquête porterait un "préjudice grave et irréparable à la concurrence". Après son baptême du feu sur Twitter où il lançait le hastag RivoluzioneIliad, et nous invitait à discuter un peu du marché du mobile italien, voici la suite de la discussion. Benedetto Levi, le jeune DG d’Iliad Italia publie son deuxième tweet pour dénoncer l’entente illicite entre les quatre opérateurs afin de maintenir des prix élevés, au détriment des consommateurs.

"A ce qu’il parait, Vodafone, Wind-Tre, TIM et Fatsweb en parlent entre eux en secret… au détriment des consommateurs" à propos de la facturation mensuelle.

Pour comprendre il faut faire un petit retour en arrière. Les opérateurs mobiles italiens avaient décidé de passer d’une facture sur 30 jours à une facture sur 28 jours, le tout sans modifier les tarifs payés par leurs clients. Par la force de la loi, ils ont récemment été forcés de revenir à une facturation sur 30 jours. Suite à cette décision, Wind-Tre, Vodafone, Telecom Italia et Fastweb ont choisi en coeur de revoir à la hausse leur prix (+8,6%) afin d’étaler la dépense annuelle sur 12 mois au lieu de 13 (lorsqu’était en place la facturation sur 28 jours). 

Des abonnés se sont plaints en janvier de ces agissements, c’est alors que l’Antitrust s’est saisi du dossier en février dernier et a commencé une enquête pour vérifier l’existence d’une entente entre Tim, Vodafone Fastweb et Wind-Tre qui par l’intermédiaire de Asstel (entité qui représente les entreprises exerçant dans le champs des services de télécommunications fixe et mobile) auraient coordonné leur stratégie commerciale dans le but d’augmenter les prix de leurs offres.

Dans une communication du 21 mars dernier l’Antitrust demande par principe de précaution la suspension de ces augmentations, le temps que l’enquête soit menée à bien sur fond de fort soupçons d’entente illicite des quatre opérateurs en place.

Les premier éléments de l’enquête démontrent une intensification des contacts entre les opérateurs après que l’Agcom (l’ARCEP italienne) a demandé la fin de la facturation sur 28 jours. “Les preuves recueillies démontrent que les quatre principaux opérateurs ont coordonné dans un premier temps la position à tenir face à la délibération de l’Agcom en décidant de ne pas se conformer à l’obligation imposée par cette dernière et de la porter devant les tribunaux individuellement et par l’intermédiaire de l’Asstel également”.

L’Antitrust poursuit en précisant qu’à partir de ce moment “les contacts entre les opérateurs sont devenus quasiment quotidien”. Dans les documents saisi aux différents sièges certains saisis chez Fastweb “démontrent que les opérateurs incriminés se sont échangés des informations sensibles sur les politiques de changement de tarifs et sur le temps nécessaires à l’évolution des systèmes informatiques dédié à la nouvelle facturation”.

Un autre document saisi au siège de Vodafone révèle l’intention de discuter “d’éventuelles futures augmentations par rapport au passage à la facturation mensuelle”. Un autre document de Telecom Italia vient confirmer ces intentions.

L’Antitrust a ainsi exigé la suspension de l’augmentation des prix justifiant sa décision par le danger d’un “préjudice grave et irréparable qui risque d’être causé à la concurrence”. 

source : Business Insider