Géolocalisation : révélation sur la traque massive des français organisée par Teemo

Vous utilisez des applications telles que L’Équipe, Closer, le Figaro, Météo France ou encore Télé Loisirs ? (une cinquantaine d’app est concernée) Sachez que vous êtes traqués par une startup nommée Teemo. Toutes les trois minutes elle récupère votre géolocalisation pour s’en servir à des fins publicitaires.

Numerama publie une enquête fleuve sur cette startup parisienne, Teemo (anciennement Databerries) que vous ne connaissez sans doute pas mais qui elle vous connait très bien.

Le processus est simple, pas forcément très légal et surtout assez inquiétant quant à la protection de la vie privée. En effet en fournissant aux éditeurs de petits SDK (Software Development Kit) publicitaires capables de récupérer la géolocalisation de votre smartphone (Android ou iPhone) lorsque vous utilisez une des cinquantes applications qui ont accepté de l’intégrer, la starup est capable de traquer le moindre de vos déplacements avec une actualisation de votre position toutes les 3 min. Mais lorsque vous accordez l’utilisation de vos données de localisation à une de ces applications de presse rien ne vous indique que cet accord s’applique également à Teemo. Et pas besoin d’utiliser réellement l’application, ce processus peut être réalisé lorsque les applications tournent en fond. Le business repose sur l’utilisation de ces données collectées par leur régie publicitaire comme le démontre ce schéma de Numerama :

crédits : Cloé Batiot – Numerama

Lorsque l’utilisateur passe à proximité d’un Intersport par exemple, Teemo va proposer une publicité ciblée dans le but de le faire entrer dans le magasin et comme la position de l’utilisateur est actualisée régulièrement Teemo peut vérifier s’il est bien entré dans la boutique par la suite. C’est ce qui s’appelle le drive to store : utiliser des technologies numérique pour amener un client à se rendre dans une boutique dans la vie réelle.

Petit scoop amusant (ou pas) Teemo est parfaitement en mesure de suivre les moindres faits et gestes du Président de la République car « il est fan de l’Équipe et est toujours suivi par une dizaine d’autres smartphones » précise une source à Numerama.

En ce qui concerne la légalité, de telles pratiques sont particulièrement douteuses. Une délégation de la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) s’est rendue dans les bureaux de la startup et une source a confié à Numerama que la gestion des données était “discutable”. Une autre source proche de la CNIL raconte au site d’actualité spécialisé dans les nouvelles technologies que ce serait la cellule “relations aux développeurs” d’Apple qui aurait alerté la Commission sur la collecte de données. Ce qui n’est pas sans rappeler l’accrochage entre Uber et Tim Cook. Apple dans la prochaine mouture de son Os mobile va d’ailleurs proposer un dispositif plus précis pour permettre aux utilisateurs d’iPhone d’être plus vigilants face à ces pistages abusifs. Reste à voir ce que l’enquête en cours de la CNIL va conclure. 

 

source : numerama