Martin Bouygues, entre tacle contre Free et mauvaise foi, estime que ses concurrents veulent le faire disparaitre

Martin Bouygues, entre tacle contre Free et mauvaise foi, estime que ses concurrents veulent le faire disparaitre

 
Changez la communication d’une entreprise, les hommes derrière restent toujours les mêmes. Martin Bouygues était l’invité ce matin de Jean Michel Apathie sur RTL. Le patron de Bouygues était là pour expliquer son refus de vendre sa filiale télécom à Patrick Drahi. Une bonne nouvelle pour les salariés et clients de l’opérateur, qui n’avaient rien à attendre de bon de ce rachat. Comme le Conseil d’Administration du groupe Bouygues l’avait fait hier, le fondateur de Bouygues Télécom a expliqué qu’il "a recréé un projet d’entreprise pour Bouygues Telecom avec beaucoup de sacrifices pour les salariés » et qu’il propose maintenant "des offres crédibles et fortes". Et d’ajouter : "Dans le fixe, notre offre déstabilise nos concurrents. Je comprends que ça les énerve et qu’ils cherchent à nous faire disparaître"
 
 
Mais si Bouygues Télécom a changé sa communication et son positionnement sur les prix depuis quelques mois, et essaye de se racheter une bonne image, ce sont toujours les mêmes vielles rengaines qui sortent de la bouche de Martin Bouygues. Ainsi il a expliqué que « le secteur des télécoms est en crise depuis maintenant 4 ans. Ce n’est pas en soi l’arrivée de Free, ce sont des problèmes de régulation qui ont créés ce grave désordre, avec, je le rappelle, une cinquantaine de milliers d’emplois détruits et beaucoup de difficultés pour les entreprises ». Le chiffre de 50 000 suppressions d’emplois est bien sur sorti d’un chapeau, et largement démenti depuis (notamment l’INSEE a calculé que 2500 emplois avait été créés dans le secteur des télécoms depuis 2012), il sortait d’une étude diligentée par les opérateurs concurrents de Free en 2012. A contrario, selon l’ARCEP il n’y a pas eu de perte d’emplois cette année là, et selon une enquête commandée par Free, il y aura création de 30 000 emplois. 
 
Enfin, si Martin Bouygues a critiqué et continue à critiquer l’arrivée d’un 4eme opérateur, il affirme sans sourciller dans cette interview que « 4 opérateurs, ce n’est pas un de trop » De même, il déclare « Je suis un peu étonné de voir monsieur Drahi et monsieur Niel d’être bras dessus bras dessous dans cette affaire qui me parait assez étonnante », oubliant que lui aussi, était bras dessus bras dessous avec Xavier Niel, lorsque c’est Bouygues qui voulait racheter SFR. Mais Martin Bouygues n’est visiblement pas à une contradiction prés.