SFR-Numéricable : “il vaut mieux une personne qui décide, que trois qui réfléchissent”

SFR-Numéricable : “il vaut mieux une personne qui décide, que trois qui réfléchissent”

Patrick Drahi, l’homme d’affaire franco-israélien est présent sur la scène télécom en continu depuis plus d’un an maintenant, avec le rachat de SFR par Numéricâble. Vorace, le patron d’Altice multiplie les conquêtes, entre journaux et opérateurs de télécoms, dans le but d’avoir les "tuyaux", et de quoi les remplir. Pas plus tard que ce matin, Patrick Drahi et ses copains ont pu s’offrir le groupe de presse Belge Roularta, en totalité.

Vorace, le mot est encore trop faible. Ces dernières années, le « tycoon des Télécoms » a mis la main sur plusieurs opérateurs nationaux comme Hot en Israël, Wananchi au Kenya, SFR et Virgin Mobile l’année dernière ; et dernièrement Portugal Télécom. Niveau médias également, on se régale, avec la chaîne israélienne en continue : i24news ; mais aussi Vivolta, Shorts TV, Kombat Sport. Sans oublier la totalité du groupe de presse Roularta, acquis ce matin même. Une pochette surprise de plus de 20 titres. Actuellement le groupe serait valorisé à plus de 50 milliards de dollars, selon une enquête du Point.

Heureusement, Patrick Drahi aime les sports collectifs. Derrière toutes ces manœuvres et rachats, c’est une équipe de 15 personnes qui tirent les ficelles. Anciens banquiers ou managers de grosses boites, l’entourage de Patrick Drahi se dessine au travers de Max Blumberg (ancien directeur de la technologie chez Hot), Patrice Gianni (co-créateur de Liberty-Surf), ou encore un certain Dexter Goei, bras droit de Drahi, et directeur général d’Altice.

 

Dexter Goei / Patrick Drahi
 

Dexter Goei, âgé de 43 ans, est à l’image de Patrick Drahi, un prodige des finances. Les deux compères ont d’ailleurs fait connaissance à la banque Morgan Stanley il y 10 ans, ou Dexter Goei était responsable pour l’Europe « technologies, médias et télécoms ». Ce dernier conseillera par la suite Mr Drahi dans les acquisitions de NOOS et TDF câbles. Autre connaissance de l’époque Morgan Stanley : Bernard Mourrad, qui sera banquier de Patrick Drahi avant de devenir président de « Altice Média Group ». Un proche explique au Point que Dexter Goei « a l’oreille musicale de la finance, c’est-à-dire qu’il voit des choses que personne d’autre que lui ne verrais sur un compte de résultats ».

On retrouve l’idéologie « main de fer » qu’on avais découvert dernièrement chez Drahi. Patrick Gianni, directeur des opérations internationales, explique sa méthode : « Nous centralisons les achats, limitons le nombre de personnes ayant l’autorisation de signer des chèques, qui passent d’une centaine à trois, puis réinvestissons toutes les économies dans l’innovation ». Exemple direct : la mutualisation des box. Au lieu de proposer une box par opérateur, c’est la même et unique box Sagemcom qui équipe Numéricable, SFR, Hot et Tricom (République Dominicaine).

En clair, l’escouade d’Altice n’est pas là pour rire, et aucun ne semble avoir la moindre réserve quant à leurs insatiables ambitions : « Nous nous considérons comme les acheteurs naturels de Bouygues Télécom », avait déclaré Dexter Goei avec la même nonchalance qu’un curieux devant une vitrine d’Amsterdam. Véritable chirurgien à la hache, Ce cher Dexter ordonne et commande sans retenu : toute l’équipe SFR aurait été remercié à l’exception du DRH. « Il vaut mieux avoir une personne en réunion qui décide, plutôt que trois qui se demandent qui va parler » avait carrément lâché Jérémie Bonnin, consultant chez KPMG avant de rejoindre l’escouade de Dexter Goei. Le Point évoque une attitude de « cow-boy », qu’on ne saurait réfuter vu les récentes frictions entre EDF et Altice.