Une fusion Free-Bouygues “n’est pas la solution miracle pour préserver les emplois”

Une fusion Free-Bouygues “n’est pas la solution miracle pour préserver les emplois”

Interrogé par le site Atlantico.fr, Philippe Pestanes, analyste associé en charge des télécoms et des médias pour Kurt Salmon livre son opinion concernant les perspectives de fusion entre Free et Bouygues.

Alors que beaucoup d’analystes jugent qu’une fusion Free-Bouygues est inévitable, que le Ministre de l’Économie et du Numérique, Arnaud Montebourg, fait pression pour que Bouygues fusionne en vue d’un retour à trois opérateurs, Philippe Pestanes estime de son côté qu’une fusion n’est "pas le meilleur remède contre le licenciement. "
 
S’il concède que "sur ce marché un jeu à trois est considéré comme moins agressif", il estime que le rapprochement entre Bouygues et Free "n’est pas la solution miracle pour préserver les emplois". Selon lui et tous les manuels d’économie, "une fusion, c’est une synergie créée à travers une consolidation qui s’associe par une optimisation de la masse salariale."
 
Pour lui, Bouygues va devoir se poser les bonnes questions avant de prendre la moindre décision : "quand vous avez des coûts qui augmentent dans un marché où les résultats baissent, la question se pose de savoir qui doit supporter ces coûts. Est-ce l’actionnaire ? Le salarié ? Le client ? Bouygues va devoir faire un arbitrage."
 
Selon les salariés de l’opérateur, Bouygues attendrait que les élections européennes se passent pour amorcer un plan de restructuration mettant en péril 1500 à 2000 emplois.
 
Selon l’analyste de Kurt Salmon, la problématique et la solution du secteur des télécommunications ne sont pas nationales mais continentales : "la structure du marché européen ne permet pas aux acteurs de générer des économies significatives. Le problème en Europe, c’est que ce sont des marchés régulés au niveau national."
 
Pour lui la consolidation va se poursuivre le temps que "l’Europe définisse un rythme de transformation du paysage des télécoms."