Martin Bouygues abat ses dernières cartes en écrivant directement à Vivendi

Martin Bouygues abat ses dernières cartes en écrivant directement à Vivendi

A 24 heures d’un verdict du conseil de Surveillance de Vivendi sur le rachat de SFR par Numericable ou par Bouygues, Martin Bouygues poursuit son lobbying s’est fendu, hier soir, d’un courrier à destination des membres du conseil de surveillance et du directoire de Vivendi ainsi qu’à leurs présidents, Jean-René Fourtou et Jean-François Dubos.

Après avoir envoyer tous ses soutiens au front, Martin Bouygues abat ses dernières cartes en annonçant très clairement la liste des obstacles à une fusion SFR-Numericable :

Parmi les éléments que dénonce Bouygues, on retrouve le dossier révélé par le Nouvel Obs concernant le conflit d’intérêt des banques Goldman Sachs et Deutsche Bank, Martin Bouygues estime que "ces banques ont un intérêt financier important à ce que l’offre d’Altice Numericable soit retenue".

Le n°1 du groupe estime se demande également s’il est réellement possible pour Vivendi "de réaliser la cession de SFR sans soumettre cette décision à l’assemblée générale de ses actionnaires." Il s’appuie ainsi sur la gronde qui monte au sein de actionnaires minoritaires de Vivendi. Si la loi ne l’impose pas, le code de gouvernance AFEP-MEDEF, adopté par Vivendi le recommande. Vivendi prend donc le risque de s’attirer de nombreuses critiques en votant l’adoption du projet de Bouygues ou Numericable sans passer par l’assemblée générale.

Enfin, il évoque de nouveau "le risque d’exécution significatif" de l’offre d’Altice Numericable citant le code monétaire et financier. Selon cet article, "un investisseur étranger est aussi bien une entreprise dont le siège social se situe dans un état membre de l’UE ou une personne physique de nationalité française mais non-résidente en France." Le rachat de SFR par Numericable serait donc soumis à l’approbation du ministre chargé de l’économie, dont les positions sont déjà connues.

Tic-Tac, Tic-Tac. Martin Bouygues achève sa tirade. La pression monte à mesure que le compte à rebours s’égraine… Le "pop-corn" est de sortie, cette journée s’annonce comme décisive. Est-ce la fin d’un acte et le début d’un autre, ou le théâtre des télécoms voit déjà s’achever la fin d’une pièce aussi burlesque que riche en rebondissement ?

Source : Le Figaro