Les fusions/acquisitions dans les télécoms plombent la vente de TDF

Les fusions/acquisitions dans les télécoms plombent la vente de TDF

La société TDF, Télédiffusion de France semble dans l’impasse. Alors qu’elle avait prévu de revendre ses actifs au fonds Dering Capital, ce dernier a laissé passer, en février, le délai pour présenter une offre. Un an de négociations exclusives est, par la même occasion, tombé à l’eau.

Dering n’a pas réussi à séduire des investisseurs asiatiques et africains de prendre une participation dans TDF, dont une grande partie de ses activités consiste en l’implantation et la gestion de pylônes de radiodiffusion.
 
Parmi les clients principaux de TDF on retrouve, les chaînes TV, les stations de radio et surtout les opérateurs téléphoniques, notamment pour leurs réseaux mobiles en très haut débit.
 
C’est sur ce volet que les investisseurs ont perdu la confiance en TDF de retrouver la croissance. En cause, Numericable semble bien parti pour racheter SFR et les rumeurs de rapprochement entre Bouygues et Free, ne laisse pas présager une remontée d’activité dans ce secteur.
 
Au contraire, l’accord de mutualisation entre Bouygues et SFR, les rumeurs de revente du réseau de Bouygues à Free vont peut être conduire les opérateurs Français à réduire et mutualiser une partie de leur parc d’antennes et donc le nombre d’antennes louées à TDF.
 
A l’occasion de l’accord de mutualisation Bouygues-SFR, Olivier Roussat, PDG de Bouygues Télécom, avait alors parlé de revendre 7000 sites, puis à l’occasion de la revente de SFR à Bouygues, l’opérateur voulait céder à Free 15000 sites. Une aubaine pour Free qui a besoin de construire son réseau, un drame pour TDF qui espérait bien faire signer la location d’un certain nombre de pylônes au nouvel entrant pour relancer son activité.
 
Selon un banquier du secteur interrogé par Reuters, "pour une société de tours-relais, le moment où tous ses clients envisagent une fusion est le plus mauvais moment possible pour vendre."
 
Si les actionnaires actuels de TDF misait sur une offre de 4 milliards d’euros, pour rembourser une dette pressante de 3,8 milliards d’euros, Dering n’en offrait déjà plus que 3,7 milliards. Le couperet est sur TDF qui risque une renégociation de sa dette et un plan de restructuration. 
 
Selon une autre analyse, aucune banque ne pourrait "s’engager définitivement à soutenir par de la dette une activité dont le chiffre d’affaires et le cash-flow sont imprévisibles pour les trois prochaines années."
 
Pour ces experts, le mieux pour TDF est "de relancer la vente pour deux ou trois ans quand le paysage français des télécoms se sera stabilisé."
 
La consolidation dans le secteur des télécoms ne plait pas à tout le monde. Même dans les télécoms, "le malheur des uns fait le bonheur des autres…" 
 
Source : AGEFI