Rachat de SFR : les offres qui ne font pas les affaires de l’Etat

Rachat de SFR : les offres qui ne font pas les affaires de l’Etat
A qui perd gagne, la vente de SFR, malgré les discours de façades, ne fait pas les affaires de l’Etat. Que ce soit le scénario de Bouygues ou Numericable, l’Etat y laissera quelques plumes.
 
D’abord, l’Etat est actionnaire d’Orange, un rapprochement entre Numericable et SFR ne serait pas forcément accueilli d’un très bon oeil. Les clients ADSL de SFR pourraient très vite migrer vers les offres fibre de Numericable et donc ne plus passer par Orange pour la location de sa boucle locale. Un mauvais deal pour Orange et l’État qui perdrait une partie de son activité et des services réalisés par les nombreux fonctionnaires encore présents dans l’entreprise.
 
De l’autre côté, Bouygues pour passer le cap de l’ARCEP veut vendre son réseau de 15000 antennes à Free. Une aubaine pour le quatrième opérateur qui dépense une fortune en itinérance sur le réseau Orange. Le rachat de ces antennes pourrait à courts termes priver Orange d’une rente qui lui avait permis d’encaisser l’arrivée de Free sur le mobile.
 
Mais au delà de possibles pertes indirectes via la participation de l’Etat dans les activités d’Orange, la revente de SFR et son potentiel rachat par Bouygues fait tomber à l’eau un plan de l’Etat pour faire marcher la machine à cash des opérateurs.
 
Bouygues qui se marierait avec SFR, se retrouverait avec un spectre de fréquence indécent, presque avec un lot de fréquence en trop. Si Free et Orange ont témoigné de l’intérêt pour ces bandes de mégahertz, c’est au détriment de la bande que l’Etat s’apprêtait à mettre aux enchères.
 
En effet si les opérateurs l’avaient déjà mauvaise d’avoir payé aussi cher les licences d’exploitations 4G sur la bande 800MHz/1800MHz/2600MHz, l’Etat espérait susciter l’appétence de Free pour entraîner 4 opérateurs sur le dossier des enchères 700 MHz.
 
Mais selon les dires de Maxime Lombardini Directeur Général d’Iliad, le contrat passé avec Bouygues autour de la réattribution de fréquences suffit à le combler pour un moment. Selon une source proche du dossier, interrogée par BFM TV "si Free n’est pas là pour faire monter les prix, il y a peu de chance qu’on se lance dans une course aux enchères." En somme, si cette organisation interne permet à Free de ne pas être en manque de fréquences, "personne ne les achètera" ou pour un bouchée de pain.
 
Quand on sait que l’Etat espérait repartir avec 3 milliards d’euros contre la réattribution de la bande 700 MHz utilisée par la TNT, la pilule doit quand même être difficile à digérer.