Rachat de SFR : on assiste à « un match Pellerin/Montebourg »

Rachat de SFR : on assiste à « un match Pellerin/Montebourg »

Pour le journaliste économique de BFM Business, on assiste à « un match Pellerin/Montebourg. Si vous êtes êtes sur le terrain de l’investissement, de la rentabilité, de l’emploi, du social, a priori, avantage à Numericable. Et c’est plutôt le terrain de Madame Pellerin. La France du Haut Débit, la France des réseaux ».

Par contre, si vous vous placez sur le terrain d’Arnaud Montebourg, il y a deux aspects. « Il y a le Made in France. Bouygues, c’est bien, c’est rassurant. C’est bien Français ». Comparé à « Altice, maison-mère de Numericable, cotée à Amsterdam et appartenant à Luxembourgeois… C’est pas très Montebourien tout ça. Et puis sur le terrain de la concurrence et du pouvoir d’achat, le retour des marchés à trois, il y en a eu en Europe. En Autriche par exemple, les prix sont montés de 10% en seulement trois mois. Mais on est sur un Arnaud Montebourg qui veut de l’entente. Il le dit lui-même ».

En effet, lors des voeux de la Fédération France des Télécoms (FFTélécoms) Arnaud Montebourg s’en était ouvertement pris à l’Autorité de la concurrence. Il avait ainsi indiqué que « ce n’est pas une politique, la concurrence, c’est même l’absence de politique. Nous avons décidé de mettre fin aux excès dangereux de cette politique. Nous pensons qu’il est nécessaire qu’il y ait un certain nombre d’ententes, pas dans le sens condamnable du terme mais dans le sens utile » a-t-il expliqué. Et le Ministre du redressement productif de raconter « quand je reçois l’Autorité de la Concurrence, je lui dis : vous êtes contre les ententes. Moi, je les organise ! Qui a raison ? Vous êtes nommé, je suis élu, donc c’est forcément moi ! »

« Si l’Autorité de la concurrence dit oui aujourd’hui […] on pourra dire que le politique a joué un rôle »

Nicolas Doze rappelle par ailleurs que Free était à deux doigts de racheter SFR il y a 18 mois, mais que l’Autorité de la concurrence a refusé. Elle avait rendu un verdict sans appel, négatif et non négociable. Pour Bruno Lasserre, président de l’Autorité de la concurrence, pas question de passer de quatre opérateurs à trois. Les discussions en étaient restées là. Il s’est notamment illustré récemment en autorisant l’acquisition de Numericable par la société Altice Six, filiale du groupe Altice. Le groupe Altice, déjà actionnaire minoritaire de câblo-opérateur, est monté au capital du groupe de télécommunications pour en prendre le contrôle exclusif.

« Si l’Autorité de la concurrence dit oui aujourd’hui, seulement 18 mois après pour donner naissance à un groupe devant Orange avec 33 millions de clients, alors effectivement on pourra dire que le politique a joué un rôle » conclut Nicolas Doze. Rappelons que faute de concurrent (un comble pour l’autorité de la concurrence), Bercy souhaite reconduire Bruno Lasserre pour un nouveau mandat de cinq ans.