Itinérance Free-Orange : Pour Arnaud Montebourg, « le moment est venu d’ouvrir la phase de sortie »

Itinérance Free-Orange : Pour Arnaud Montebourg, « le moment est venu d’ouvrir la phase de sortie »
 
 
« La fin de l’itinérance est une issue logique au principe selon lequel les opérateurs doivent investir » a expliqué le ministre du Redressement productif lors de son discours devant la FFTélécoms (Fédération française des télécoms). Cette « facilité avait été octroyée à Free pour une durée transitoire. Le moment est venu d’ouvrir la phase de sortie ». Il appelle ainsi Orange et Free « à négocier les modalités et le calendrier pour la fin » du contrat d’itinérance Orange-Free.
 
Il faut « anticiper » et ouvrir des discussions dès 2014, « pas dans un jour lointain », de manière à « anticiper la mise en sommeil » du contrat. Cependant, Arnaud Montebourg n’a pas donné de date précise sur cette fameuse « phase de sortie », ni même évoqué une sorte de rupture anticipée, conclut Le Figaro.
 
Un ministre en guerre contre le pouvoir d’achat ?
 
Même si les modalités de l’accord d’itinérance signé entre Free et Orange ont déjà été posées par l’Autorité de la concurrence (à savoir 2016 pour la 3G et 2018 pour la 2G, au niveau national), le ministre du redressement productif souhaite préparer les esprits, tout en mettant la pression sur Free. Il redoute que la guerre des prix dans le mobile affecte les futurs investissements des quatre opérateurs (notamment pour le financement du déploiement de la fibre optique).
 
Arnaud Montebourg expliquait récemment, dans les colonnes des Echos, que la fin de l’itinérance obligerait le dernier entrant à « investir massivement et cela changerait la donne au niveau du modèle économique : il ne pourrait plus se permettre d’être aussi agressif sur les prix ». Il oublie que c’est la marque de fabrique, le "fait-maison", le "made in France" du trublion, et cela, bien avant son arrivée dans le monde des télécoms. Créé en 1991, le Groupe Iliad est un acteur majeur sur le marché français de l’accès à Internet et des télécommunications. Free s’est illustré à maintes reprises dans le fixe (et donc bien avant l’arrivée du ministre au gouvernement…).
 
Arnaud Montebourg est-il rentré en guerre contre la baisse des prix et donc du pouvoir d’achat ? Le Ministre déclarera-t-il prochainement que SFR et Bouygues, qui viennent tout juste de signer un accord de mutualisation de leurs réseaux mobiles (portant sur 57% de la population) doivent également préparer une « phase de sortie » ?