Roaming International en Europe : la stratégie des opérateurs français

Roaming International en Europe : la stratégie des opérateurs français
Alors que Free lance au fur et à mesure des destinations comprenant 35 jours par an de roaming au Portugal, en Italie et aux Antilles, que Bouygues et Orange ont tour à tour lancé des offres incluant le roaming Européen, le dossier de l’itinérance européenne semble revenir sur le tapis. Pourtant, lorsque Neelie Kroes, commissaire européen aux télécoms avait proposé la fin du roaming en Europe pour 2015, les opérateurs y compris français avaient vivement critiqué les ambitions du paquet télécoms proposé à la Commission européenne.
 
Désormais, c’est un dossier brûlant et le sujet d’une nouvelle guerre des prix sur le marché Français, pourquoi un tel revirement de situation ? On peut déjà imaginer que les opérateurs Bouygues et Orange ont voulu mettre un coup d’arrêt sur les provocations successives de Free Mobile, annonçant de semaines en semaines de nouvelles destinations.
 
Mais selon Sylvain Chevalier, spécialiste des télécoms chez Bearing Point, le dossier est plus profond. Pour lui les opérateurs français ont voulu couper l’herbe sous le pied de la Commission européenne : "ce qui était prévu dans les directives, c’est que les opérateurs soient obligés d’accueillir des opérateurs alternatifs qui auraient pu s’intéresser à ce marché." Une compagnie aérienne aurait donc pu se saisir du dossier de l’itinérance internationale et proposer une offre dédiée. Pour lui, le marché de l’itinérance en Europe est "moins intéressant si les opérateurs préemptent et proposent déjà des offres attractives."
 
 Les opérateurs français ont donc préféré sortir des offres attractives plutôt que de subir une nouvelle concurrence sur ce dossier avec de nouveaux acteurs. Pour Yves Martin en charge du dossier "roaming" chez Orange, la crainte était que la réglementation n’impose des prix trop bas permettant "à un acteur à l’autre bout de l’Europe de concurrencer directement le marché français sans aucun investissement direct".
 
Pourtant les opérateurs français n’ont ils pas ouvert la boite de pandore, et donné à la commissaire aux télécoms Neelie Kroes de quoi relancer les débats sur la fin du roaming en Europe ?
 
Sylvain Chevalier de son côté pressent "une hausse des prix nationaux pour rééquilibrer" dans certains pays. Il concède néanmoins que "dans le contexte français, on a du mal à voir comment va s’opérer le rééquilibrage." A quelques mois des élections européennes, les institutions risque de ne pas trop faire de vagues sur le sujet, un dossier qui reviendra immanquablement sur le tapis, une fois ces élections passées, et dès juillet 2014 avec une nouvelle baisse des plafonds d’itinérance en Europe.
 
Source : AFP