Fleur Pellerin : “je n’ai pas du tout de problème avec Free”

Fleur Pellerin : “je n’ai pas du tout de problème avec Free”
Fleur Pellerin était l’invité des 4 Vérités sur France 2 ce jeudi. Jeff WITTENBERG l’a notamment interrogée sur la 4G de Free Mobile. Nous vous proposons la retranscription de cet échange
 
Jeff WITTENBERG : Aux pieds des sapins, hier, on a du trouver beaucoup de téléphones portables, avec l’incontournable abonnement 4G qui fait autorité désormais. Les opérateurs se sont livrés à une guerre des tarifs et des déclarations, depuis quelques semaines. Que peut faire l’Etat, face à une situation qui devrait plutôt bénéficier aux consommateurs ?
 
Fleur PELLERIN : Eh bien l’Etat, déjà, a fait pas mal de choses, puisque c’est notamment grâce aux décisions qui ont été prises récemment, à la fois par l’Autorité de régulation du secteur des télécoms, et par le gouvernement, d’attribuer justement ces licences 4G, que les consommateurs peuvent aujourd’hui bénéficier de cette technologie qui, effectivement, je ne sais pas si vous avez pu la tester, apporte un meilleur service. Donc, nous avons déjà fait ça, maintenant c’est vrai que les opérateurs se sont livrés à une surenchère, à des déclarations, une guerre des prix, mais moi, ce qui m’inquiète un petit peu dans cette situation, c’est que j’ai peur que le consommateur, finalement, n’y comprenne plus rien, ne sache plus comment acheter et comment trouver le bon forfait.
 
Jeff WITTENBERG : Madame Pellerin, quand l’opérateur FREE, pour ne pas le citer, affiche des prix spectaculairement plus bas que la concurrence, pourquoi n’en aurait-il pas le droit ?
 
Fleur PELLERIN : Il en a absolument le droit, mais…
 
Jeff WITTENBERG : Qu’est-ce qui vous gêne ? Qu’est-ce qui vous gêne, en l’occurrence ?
 
Fleur PELLERIN : Alors, moi je n’ai pas du tout de problème avec FREE, j’ai fait les mêmes remarques sur la transparence et la loyauté de l’information fournie aux consommateurs, au moment où SFR et ORANGE ont lancé il y a quelques mois leurs premières offres 4G. Ce qui est important, c’est de, aujourd’hui, de mettre en face d’un prix, un réseau, une couverture, une qualité de service, et c’est ça qu’il faut expliquer aux gens. Il y a des prix à 2 €…
 
Jeff WITTENBERG : Vous dites qu’il y a de la tromperie face aux consommateurs…
 
Fleur PELLERIN : Il n’y a pas de tromperie, mais il faut bien expliquer ce que l’on achète pour 2 e, 10 €, ,20 €, 40 €, etc. Parce que, aujourd’hui, un forfait, c’est une quantité de données par mois, que vous pouvez regarder sur votre téléphone, c’est une qualité de réseau. Si vous êtes dans une ville qui n’est pas bien couverte par votre opérateur, ça n’a pas tellement de sens de payer pour un service que vous ne pourrez pas utiliser. Voilà ce genre d’informations.
 

 
Jeff WITTENBERG : Néanmoins, quatre grands opérateurs téléphoniques, est-ce que ce n’est pas trop, pour un marché comme la France, tout simplement, qui n’est pas extensible à l’infini ?
 
Fleur PELLERIN : Je pense que dire trop ou pas assez, ça n’a pas beaucoup de sens en soi, ça dépend…
 
Jeff WITTENBERG : Il y a des restructurations, néanmoins, dans certaines entreprises.
 
Fleur PELLERIN : … ça dépend des marchés. C’est vrai qu’aux Etats-Unis, par exemple, on voit bien qu’il y a deux opérateurs qui sont en train d’essayer de fusionner, pour revenir à un marché à trois, mais dans l’absolu, ça ne veut rien dire. Il faut trois, il faut quatre, pourquoi pas cinq, pourquoi pas deux…
 
Jeff WITTENBERG : Oui, mais c’est de l’emploi qui peut être perdu chez certains opérateurs, qui font des restructurations.
 
Fleur PELLERIN : C’est de l’emploi qui pourrait être perdu s’il y avait aujourd’hui une concentration du secteur qui ne soit pas bien maitrisée. Moi, je n’ai pas d’avis sur la question, je suis arrivée alors que le marché était à quatre, donc j’essaie de faire fonctionner ce marché à quatre, avec Arnaud Montebourg c’est ce que nous faisons depuis 18 mois. S’il y a des projets, ensuite, industriels, qui font sens et qui n’ont pas un impact sur l’emploi, négatifs, l’Autorité de la concurrence regardera et le gouvernement prendra des positions, mais encore une fois, aujourd’hui, on n’en est pas là du tout.