Le PDG de SFR « en veut surtout à l’Etat d’avoir fait entrer » Free Mobile

Le PDG de SFR « en veut surtout à l’Etat d’avoir fait entrer » Free Mobile

 
L’Agence Nationale des Fréquences a publié le 6 mars 2013, l’observatoire des déploiements dans les réseaux mobiles. Au 1 mars 2013, 1 099 sites étaient équipés pour la 4G en bande 2,6 GHz, dont 14 pour Free Mobile, 460 pour Orange, 334 pour SFR et 341 pour Bouygues Télécom. « Les chiffres cités par l’ANF n’est pas le nombre d’antennes allumées mais le potentiel déclaré : ce n’est pas parce que l’on déclare plus d’antennes qu’on en a plus. Les seuls données pertinentes sur le marché, ce sont le nombre de clients qui utilisent la 4G et la couverture de l’offre. Orange doit en avoir 200 au maximum, nous en sommes à des milliers ».
 
Cela devrait toutefois changer. Orange n’avait pas commercialisé ses offres 4G aux particuliers lorsque les propos ont été recueillis. L’opérateur historique a lancé le 4 avril dernier ses offres 4G dans 15 agglomérations. Pour le patron de SFR, « sur ce segment, il n’y a que deux acteurs en mesure d’y répondre : Orange et SFR ». Exit Free Mobile et Bouygues Télécom ! Pourtant ce dernier se vante aujourd’hui sur Twitter de disposer de trois bandes de fréquences pour déployer son réseau. « 1800, 800, 2600, la totale 4G, la seule, l’unique en France ». Didier Casas, secrétaire général de Bouygues Télécom, promet une « différence » par rapport aux autres opérateurs.
 
Low-Cost : 1 million de clients pour RED
 
Stéphane Roussel indique que les séries RED (low-cost) revendiquent plus d’un million de clients et précise notamment que SFR n’a perdu « aucun » abonné depuis l’arrivée de Free Mobile sur le marché des télécoms. Pourtant, le parc total de clients mobiles de SFR s’élève à 20,690 millions, contre 21,463 millions un an plus tôt, soit 773 000 clients perdus en 2012. Quoi qu’il en soit, il explique que la filiale « a surtout perdu de la valeur. Les prix étaient en baisse et l’arrivée de Free nous a contraints à accélérer le pas de manière artificielle. J’en veux surtout à L’État d’avoir fait entrer un acteur supplémentaire sur le marché au moment où l’industrie trouvait un équilibre. La France va dans le sens inverse de tous les autres pays avec un consumérisme à court terme qui néglige toutes les conséquences. Je pense qu’il a compris cette fois ».
 
Le numéro 1 de SFR conteste également le fait que Bouygues Télécom ait été autorisé par l’ARCEP à utiliser la bande de fréquences 1800 MHz (Refarming) pour déployer son réseau 4G. « On a autorisé Bouygues à utiliser les fréquences 1 800 pour son déploiement de la 4G. Nous avons payé très cher les fréquences 4G en décembre dernier. On change les règles du jeu alors que nous sommes en plein déploiement. C’est fausser l’appel d’offres. Le gouvernement essaie de rattraper une bêtise par une autre». L’opérateur se réserve le droit de déposer un recours auprès du Conseil d’État. « Il y manifestement un déni de justice au niveau des enchères. Il y a un terme juridique assez joli qui s’appelle l’espérance légitime et elle ne peut pas être bafouée en l’occurrence » conclut-il.
 
Vous pouvez retrouver l’intégralité de cette interview sur le site MeridienMAG.