Pierre Louette : « La vache à lait des télécoms risque de devenir enragée »

Le président de la fédération française des Télécoms, Pierre Louette, affirme que les opérateurs ne peuvent pas à la fois baisser les prix, investir dans un réseau 4 G, dans le réseau fibré, et encaisser une nouvelle taxation .


« Le gouvernement ne peut nous inciter tout à la fois à investir, à baisser les prix et nous imposer une fiscalité supérieure de 25 % celle des autres secteurs. Les opérateurs ont payé l’an dernier 1,2 milliard d’euros de redevances et taxes spécifiques : 235 millions d’euros pour financer France Télévisions, 150 millions d’euros pour financer le cinéma… Nous achetons une première fois les contenus aux ayants droit et nous devons payer une seconde fois pour les diffuser. »

Selon lui, les télécoms doivent même remonter leurs prix pour passer à la 4G . L’industrie de la téléphonie est un secteur en plein essort mais qui vient de connaître une année choc avec l’apparition de forfaits à prix cassés.


« Il faut d’abord arrêter cette spirale déflationniste. Un forfait télécoms mensuel, avec tous les services que cela implique, coûte désormais le même prix qu’une journée de parking à Paris. L’accès au sous-sol parisien vaudrait donc autant que l’accès à un monde de savoirs, de distractions et d’échanges ! Ce n’est pas possible. Une concurrence sans aucun frein devient vite préjudiciable aux consommateurs car elle se fait au détriment de l’investissement et de l’emploi. Aux Etats-Unis, où la concurrence a été un temps frénétique, les réseaux sont exécrables. En France, ils sont excellents car les opérateurs ont beaucoup investi. Les Français y sont tellement habitués qu’ils ne s’en rendent plus compte. Les consommateurs seront prêts à payer un peu plus pour bénéficier d’un débit plus rapide et d’un service de meilleure qualité. Nos investissements et nos innovations à un coût qu’il faut savoir monétiser »

 

Source : Le figaro économie