Pour Free, le rachat de SFR “c’est comme dans un marathon, les derniers kilomètres sont les plus difficiles”, les opérateurs entrent dans les”arrêts de jeu”

Pour Free, le rachat de SFR “c’est comme dans un marathon, les derniers kilomètres sont les plus difficiles”, les opérateurs entrent dans les”arrêts de jeu”

À quelques semaines d’un possible dénouement, Free revient sur l’affaire SFR. Entre complexité des discussions, enjeux de consolidation et pression du marché français, l’opérateur entrevoit une issue proche… mais encore incertaine. 

Le possible rachat de SFR continue d’agiter le marché français des télécoms. Invité au micro de BFM Business dans le cadre de la présentation des résultats d’Iliad, Thomas Reynaud, directeur général du groupe Iliad, a livré une lecture très concrète de l’état des discussions. D’emblée, Thomas Reynaud tempère toute vision simpliste du dossier. Le rachat de SFR ne se résume pas à une bataille d’enchères : c’est « un tout petit peu plus complexe » qu’une simple question de prix.

Pour illustrer la situation, le dirigeant d’Iliad convoque une image parlante : « C’est comme dans un marathon, ce sont les derniers kilomètres qui sont les plus difficiles ». Il précise d’ailleurs le calendrier réel des négociations : « nous sommes dans la dernière ligne droite des discussions mais ces discussions, même si on parle de la consolidation depuis 2014, en tout cas dans ce cycle de négociation, n’ont débuté que début janvier, lorsqu’on a commencé l’audit de SFR ».

Autrement dit, malgré un débat ancien sur la consolidation du marché, les échanges concrets sont récents. « Donc on se retrouve autour de la table : le vendeur, les potentiels acheteurs, uniquement depuis quelques semaines », insiste-t-il. La métaphore sportive se prolonge avec une autre image forte : « on est sur le point de rentrer dans les arrêts de jeu ». Il est assez clair ainsi que la partie touche à sa fin, mais que tout peut encore basculer, alors qu’on attend une nouvelle offre pour le mois d’avril.

Une consolidation qui paraît « inévitable »

Au-delà du cas SFR, Thomas Reynaud replace cette opération dans une dynamique plus large : celle de la consolidation du marché français. « Quelle est l’idée de la consolidation ? c’est assurer la pérennité des investissements, la pérennité des réseaux », explique-t-il. Il dresse aussi un constat sans détour : « le marché français est probablement le plus exigeant au monde ». Entre « obligations d’investissement », « surfiscalité sectorielle » et forte concurrence, les opérateurs évoluent dans un environnement particulièrement contraint. Pour Iliad, présent dans 19 pays, la comparaison est claire : la France se distingue par son intensité concurrentielle et réglementaire.

Dans un marché qui est devenu mature, une consolidation paraît donc “inévitable”, explique-t-il. Pour autant, le patron d’Iliad insiste sur un point, comme il l’avait fait mardi lors de la conférence de présentation des résultats d’Iliad : cette consolidation n’est pas un objectif en soi. « Ce n’est pas une fin en soi, c’est juste un moyen de faire grandir notre modèle avec plus d’abonnés ». L’enjeu est avant tout industriel. Dans un secteur marqué par de forts effets d’échelle, gagner des clients permet d’optimiser les coûts et d’augmenter les capacités d’investissement. Et ces investissements visent des domaines stratégiques : « un moyen d’accélérer nos investissements dans l’IA, dans le cloud, dans la puissance de calcul dédiée à l’intelligence artificielle ». Reste une inconnue majeure : la forme que prendra cette consolidation. « Comment elle va intervenir ? Je ne sais pas », reconnaît Thomas Reynaud.

Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox