Fibre : l’ARCEP balaie les arguments de France Télécom

Le nouveau président de l’ARCEP, JEAN-LUDOVIC SILICANI, a accordé une interview aux Echos, suite à l’annonce par l’Autorité du cadre réglementaire de la mutualisation de la fibre. Pour lui, les arguments avancés par France télécom (qui ne voulait pas du multifibre) ne sont pas valable, et ne pas choisir le multifibre aurait mené France Telecom à une situation de super monopole :

France Télécom pointe du doigt des surcoûts allant jusqu’à 40 % induits par la décision d’installer plusieurs fibres..
Installer plusieurs fibres implique un surcoût de l’ordre de 5 % de l’investissement total, qui sera à la charge de l’opérateur qui le demandera. Ce sont des infrastructures qui serviront pour les cinquante prochaines années. Se priver de la liberté de choix de l’opérateur pour une différence de coût aussi faible serait totalement déraisonnable. Les recommandations européennes vont dans le sens du modèle proposé par l’Arcep.
L’intérêt général, ce n’est pas l’intérêt d’un seul opérateur. Mais l’intérêt de France Télécom est aussi d’investir dans la fibre : il a déjà tiré des fibres près des immeubles desservant potentiellement plusieurs millions de foyers. Des lors, quand l’opérateur historique affirme qu’il pourrait ne pas investir dans un réseau de très haut débit, contrairement à SFR et Free, cela me paraît plus relever d’une position tactique que d’un choix stratégique.

Au Japon, NTT, l’opérateur historique, a vu sa part de marché doubler dans la fibre optique. Pensez-vous que la même chose puisse arriver en France ?
L’objectif n’est clairement pas de créer un monopole dans la fibre optique, comme au Japon, où la part de marché de l’opérateur historique a bondi à 70 %. Cela est d’autant plus vrai qu’un tel réseau ne peut faire l’objet d’un dégroupage, contrairement au réseau de cuivre.
En effet, la solution technique retenue par NTT – le PON – et pour laquelle a opté France Télécom, ne permet ni une mutualisation passive du réseau horizontal a posteriori ni le dégroupage. Nous aurions donc un « supermonopole » !

Lire l’intégralité de l’interview publiée par Les Echos