Face aux nouvelles technologies, les Français oscillent entre intérêt et craintes

Face aux nouvelles technologies, les Français oscillent entre intérêt et craintes

Ils les aiment pour leur côté pratique au quotidien, mais en ont aussi peur. Voilà le paradoxe révélé par une étude de l’Ifop à propos de la perception des Français face aux nouvelles technologies. La faute à un manque de bagage scientifique.

Le troisième baromètre annuel de l’Académie des Technologies, qui s’appuient sur les réponses de 1 018 personnes montre en effet que les Français auraient bien du mal à se passer de leurs gadgets high-tech, qu’il s’agisse du smartphone désormais présent dans la grande majorité des poches ou des enceintes intelligences trônant de plus en plus dans les salons. D’après les réponses, ils sont en effet 75 % à être attirés par les nouvelles technologies, 61 % à lier progrès technologique et progrès pour l’humanité, 59 % à penser qu’Internet améliore la qualité de vie et 55 % à manifester leur intérêt pour les produits synonymes d’innovations.

Mais il révèle aussi des inquiétudes concernant l’impact de ces nouvelles technologies sur leur vie. 56 % affichent des craintes, soit une progression de 15 points par rapport à l’ancien dernier. Celui-ci illustre des bienfaits du numérique moins évidents aux yeux des utilisateurs qu’il y a une dizaine d’années, que ce soit concernant la santé (45 %, contre 70 % auparavant) ou l’environnement (21 %, contre 49 %). 77 % aimeraient en être davantage dans les décisions prises autour de technologies controversées, 75 % jugent le gouvernement pas assez transparent sur les conséquences et 73 % comptent sur les scientifiques et journalistes spécialisés pour les éclairer.

Manque de bagage scientifique et polémique sur la place publique

Bruno Jarry, président honoraire de l’Académie des Technologies, explique la situation par un manque de bagage scientifique permettant de comprendre les technologies à l’oeuvre. Selon lui, “ils sont mal formés aux questions scientifiques, avec des bases non transmises dès l’école primaire, car les instituteurs et institutrices sont peu issus des filières scientifiques”. D’où le fait que “cela crée donc de l’angoisse”.

Les polémiques publiques ne feraient qu’en remettre une couche. “Les débats sur la place publique des experts avec des avis divergents alimentent des réflexes de peur”, estime en effet Marie Meynadier, docteure en physique et membre de l’Académie. D’après elle, “il y a de plus en plus de défiance vis-à-vis des autorités de la science et des technologies, car les citoyens les voient en ce moment en train de se bagarrer sous leurs yeux alors qu’ils ne les voient d’habitude qu’une fois des résultats obtenus, un médicament ou une nouvelle avancée technologique majeure”. Les discussions autour des risques sanitaires liés des ondes ont, par exemple, alimenté certains discours complotistes sur Internet comme le lien fait entre la 5G et l’épidémie de Covid-19.

Source : Le Parisien