Négociations difficiles entre Free et un RIP

Négociations difficiles entre Free et un RIP

Attendu de pied ferme sur le réseau d’initiative publique d’Essonne Numérique, Free apparaît plus dur en affaires qu’Orange, Bouygues Telecom et SFR.

Tous connectés en 2021 grâce au déploiement d’une architecture fibre neutre et libre d’accès à tous les opérateurs, sans exclusivité, tel est l’objectif du Syndicat Mixte Ouvert Essonne Numérique. Dans ce département situé région Île-de-France, l’opérateur infrastructure Covage est en charge de l’exploitation technique et commerciale du réseau sur 124 communes du territoire. Au total, 116 000 prises seront déployées à terme. Sur le premier jalon, la commercialisation a été lancée avec succès, un bilan d’étape a fait état en septembre de “4 715 commandes sur 28 000 foyers éligibles soit un taux de pénétration de 16,6%.”

Il faut dire que de nombreux opérateurs commerciaux sont d’ores et déjà présents sur ce réseau d’initiative publique comme par exemple Orange et Sosh, Bouygues Telecom, K-Net, Vitis, Ozone, Ariane, Comcable et Coriolis.

“Les tarifs et offres présentés aux opérateurs sont classiques et communs à de nombreux autres réseaux”, explique Essonne Numérique. Pour autant, les négociations n’ont pas encore abouti avec Free. Selon le Syndicat Mixte Essonne Numérique, “Free souhaite des dispositions différentes des autres opérateurs sur les tarifs et offres présentés. Nous souhaitons l’arrivée rapide de cet opérateur car c’est un acteur majeur de la commercialisation d’offres THD”. L’opérateur de Xavier Niel ne devrait ainsi pas débarquer sur ce réseau avant mi-2021.

Pour sa part, SFR installe ses équipements dans les NRO et les SRO du réseau fibre d’Essonne Numérique, “cependant l’opérateur n’a pas communiqué officiellement de date d’ouverture commerciale.”

Les RIP en coulisses

Récemment, Free a fait part devant la Commission des affaires économiques de l’Assemblée Nationale de plusieurs points de blocage dans les réseaux d’initiative publique. Selon lui, la principale problématique sur le déploiement de la fibre dans ces zones rurales, “c’est le fait que les RIP sont chacun des prototypes à la fois contractuel, économique et opérationnel”, a expliqué Maxime Lombardini, vice président d’Iliad. Une unification du cadre autour de ces trois points, serait à ses dires bénéfique pour tout le monde.

Pour l’heure, Free a lancé ses offres sur près de 30 RIP et se revendique aujourd’hui comme “l’opérateur français le plus présent sur ces réseaux après Orange”. 

Mais reste un sujet essentiel pour plusieurs collectivités, les conditions de tarification des prises commercialisées par les RIP inquiètent. Selon certaines, des opérateurs pousseraient à changer les règles du jeu, fragilisant ainsi les équilibres financiers. Par exemple, au lieu de verser leur part sur 20 ans, ils voudraient payer le même tarif sur 40 voire 60 ans. En janvier dernier, le ton est d’ailleurs monté lors de l’atelier des « territoires connectés » organisé par l’Arcep, la présidente du Conseil Départemental de l’Ariège, adhérent de l’Avicca a dénoncé « une forme de complaisance du régulateur avec les opérateurs » au sujet des tarifs qui leur sont proposés pour venir sur les réseaux en fibre optique portés par les collectivités. Dans l’Essonne, les dispositions voulues par Free n’ont pas été révélées pour le moment.